NOSO: la bonne nouvelle est tombée après le départ du Pape

Voiture Soldats Noso Image illustrative

Sun, 19 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Sur le plateau de Vision4 dans l'émission Club d'Élites, l'analyste politique Paul Stéphane Menounga a livré deux interventions d'une densité analytique remarquable, transformant le passage du Pape Léon XIV au Cameroun en miroir implacable des échecs de gouvernance du pays. Deux diagnostics chirurgicaux — l'un sur la crise anglophone, l'autre sur la gouvernance générale — qui ont électrisé les réseaux sociaux camerounais.

La première intervention de Paul Stéphane Menounga porte sur le cessez-le-feu spectaculaire observé à Bamenda lors du passage du Pape — une région qui n'avait pas connu pareille accalmie depuis des années. Et sa lecture est implacable : «On peut résoudre la crise anglophone si on veut. C'est une question de volonté et c'est un problème de gouvernance.»

Son raisonnement se déroule avec une logique à laquelle il est difficile d'opposer une réponse sérieuse. Si les sécessionnistes ont accepté de décréter un cessez-le-feu pour la visite papale, c'est qu'ils ont des interlocuteurs capables de leur transmettre un message — et qu'ils sont capables d'y répondre. «Qui a donné l'ordre du cessez-le-feu ? Ce n'est pas le Saint-Esprit», tranche-t-il. «Ce sont ceux qui contrôlent ces zones-là qui ont donné l'ordre du cessez-le-feu. Et on a vu que ça a été effectif.»

La conclusion qui découle de cette observation est aussi simple que dévastatrice pour le discours officiel camerounais : on sait avec qui dialoguer. Le gouvernement a toujours su. Il a simplement choisi de ne pas le faire — ou de le faire avec les mauvais interlocuteurs. «Les sécessionnistes ne sont pas d'accord avec les interlocuteurs du gouvernement. Ça veut dire que les interlocuteurs du Cameroun actuel sont rejetés», dit-il sans détour. Et d'enfoncer le clou : «Ceux qui ont nié la crise au départ ne peuvent pas être ceux qui peuvent la résoudre.» Une phrase qui sonne comme un verdict — et qui désigne implicitement Paul Atanga Nji et les tenants de la ligne dure comme des obstacles à la paix plutôt que comme ses artisans.

Sa deuxième intervention s'attaque à un passage du discours papal qui avait marqué les esprits — mais dont la portée, selon Menounga, mérite d'être pleinement décryptée. «Le Pape dit à nos dirigeants : vous avez transformé le paradis que Dieu vous a donné en pandémonium», résume-t-il. Un pandémonium — sorte d'enfer organisé — pour qualifier ce que les dirigeants camerounais ont fait d'un pays aux ressources naturelles, humaines et agricoles exceptionnelles.

La démonstration qui suit est un réquisitoire en règle contre la gouvernance camerounaise. «Vous ne pouvez pas avoir un pays comme le Cameroun et parler de chômage. Un pays où seulement l'agriculture permet à tous les Camerounais de travailler», dit-il, pointant l'absurdité d'une nation dotée de terres arables parmi les plus fertiles d'Afrique, d'une côte maritime, de forêts, de minerais — et qui n'arrive pas à nourrir et employer sa propre population.

Et puis vient la justice. «Vous ne pouvez pas avoir un pays où constamment dans les rapports de la CONAC, la justice est classée parmi les cinq institutions les plus corrompues», assène-t-il — rappelant que ce n'est pas l'opposition qui dit cela, mais la Commission Nationale Anti-Corruption de l'État camerounais lui-même, dans ses propres rapports officiels. Le Pape était diplomate dans ses formulations, «très technique dans ce qu'il dit, mais très profond en même temps». Paul Stéphane Menounga, lui, traduit sans filtre : le message pontifical était un acte d'accusation voilé contre des dirigeants qui ont dilapidé les richesses d'une nation bénie.

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