NOSO: rebondissement spectaculaire avec l'arrivée du Pape

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Thu, 16 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

L'arrêt de la Cour suprême qui change tout : comment la justice camerounaise a offert un cadeau à Sisiku Ayuk Tabe à la veille de la visite du pape

Sous-titre : Le 19 mars 2026, la Cour suprême du Cameroun a discrètement cassé la condamnation à perpétuité des dix leaders séparatistes anglophones. Jeune Afrique révèle les dessous de cette décision qui a fait l'effet d'une bombe dans les geôles de Kondengui.

À Kondengui, la prison principale de Yaoundé, les détenus du couloir de la mort n'ont pas l'habitude de recevoir de bonnes nouvelles. Pourtant, le 19 mars dernier, un silence inhabituel a saisi le quartier des « politiques » quand l'information est tombée : la Cour suprême venait d'annuler la condamnation à la réclusion perpétuelle de Sisiku Ayuk Tabe et de ses neuf coaccusés. Un coup de tonnerre judiciaire, presque passé inaperçu dans les médias, à quelques semaines de l'arrivée du pape.

Une révélation exclusive de Jeune Afrique permet aujourd'hui de comprendre les véritables ressorts de cette décision. Selon nos informations, l'arrêt de la haute juridiction n'est pas le fruit du hasard. Dès janvier 2026, soit deux mois avant la décision, des émissaires du Vatican ont rencontré discrètement le ministre de la Justice, Laurent Esso, pour évoquer le « dossier anglophone ». Le sujet de la libération des leaders séparatistes y a été abordé, non pas comme une exigence, mais comme un « geste de bonne volonté » en amont de la visite pontificale.

Jeune Afrique a pu consulter une note confidentielle rédigée par la Secrétairerie d'État du Vatican, datée du 15 février 2026. Celle-ci évoque « l'opportunité d'un signe clair en direction des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, avant le déplacement du Saint-Père ». Le texte ne mentionne pas explicitement une libération, mais suggère « un réexamen des situations judiciaires les plus emblématiques ».

La Cour suprême a-t-elle agi seule ou sur instruction ? La question divise les observateurs. Une source proche du ministère de la Justice, contactée par Jeune Afrique, affirme que « le timing n'est pas une coïncidence. Le gouvernement a vu dans cette annulation une manière de désamorcer la pression internationale sans perdre la face. Les leaders restent en prison, mais la porte judiciaire est désormais entrouverte. »

L'arrêt ne signifie pas pour autant la libération immédiate. Il renvoie l'affaire devant la cour d'appel, qui devra rejuger le fond. Deux issues sont possibles : une nouvelle condamnation ou une annulation pure et simple. « C'est un ballon d'essai, analyse un avocat de la défense. On teste les réactions. Si le pape en parle à Bamenda, tout peut basculer. »

Une pression discrète mais constante du Vatican

Autre révélation de Jeune Afrique : la Conférence épiscopale nationale, dirigée par Mgr Andrew Nkea, évêque de Bamenda, a joué un rôle d'intermédiaire discret. Dès octobre 2025, Nkea a rencontré Sisiku Ayuk Tabe à la prison de Kondengui, une visite que le gouvernement camerounais a officiellement qualifiée de « pastorale ». Mais Jeune Afrique a appris que, lors de cet échange, l'évêque a assuré le leader séparatiste que « le Vatican n'oublie pas sa cause ».

Depuis, les avocats de la défense ont multiplié les recours. Et la Cour suprême a fini par céder. « Ce n'est pas un cadeau empoisonné, c'est une issue de secours pour tout le monde », résume un diplomate occidental basé à Yaoundé. « Le gouvernement peut dire qu'il respecte l'indépendance de la justice. Le Vatican peut dire qu'il a œuvré pour l'apaisement. Et les séparatistes peuvent garder espoir. »

Reste à savoir si le pape Léon XIV, qui s'exprime ce 16 avril à Bamenda, prononcera les mots qui libèrent. Dans sa geôle, Sisiku Ayuk Tabe retient son souffle.

Source: www.camerounweb.com