Sa nomination au poste de vice-président ne serait qu'une question de jours
Les choses se dessinent progressivement pour le choix du vice-président du Cameroun, prévu par la nouvelle version de la constitution. Des informations de sources concordantes annoncent une nomination prochaine d’un fils aîné de Paul Biya à poste tant convoité par les différents clans du système.
Selon les informations de sources proches du palais de l’Unité, Franck Biya, parti en France, a été rappelé de toute urgence à rejoindre Étoudi sur instruction de son père. Sa nomination au poste de vice-président ne serait qu'une question de jours.
Cette information coïncide avec l’audition du secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, pendant 5 longues heures. Ce dernier serait accusé de corruption systémique, de détournements de fonds et d’avoir constitué un vaste réseau de complices au sein du pouvoir.
À la suite de cette audition, il a adressé une longue correspondance au Président de la République, qu'il a également publiée sur son compte LinkedIn.
Un possible remaniement au sommet de l’État camerounais est marqué par la menace qui pèse sur Ferdinand Ngoh Ngoh et l’hypothèse de son remplacement par Antoine Zanga, un proche de la Première Dame. Cette éventuelle nomination est fondée sur les réseaux et le favoritisme plutôt que sur les compétences. Ngoh Ngoh et certains de ses proches sont exposés à des poursuites judiciaires.
Emmanuel Franck Biya s'impose comme le candidat favori au poste de vice-président du Cameroun, une fonction stratégique recréée par voie parlementaire pour sanctuariser la continuité du pouvoir en cas de vacance institutionnelle. Alors que l'absence prolongée de Paul Biya en Suisse alimente un climat de fin de règne à Yaoundé, le fils aîné du chef de l'État s'appuie sur une structure d'influence feutrée, savant mélange de technocrates, de chefs traditionnels et d'hommes d'affaires.
Une analyse approfondie de son réseau politico-business met en lumière les piliers majeurs de son ascension.
- La passerelle institutionnelle : Les relais au Palais d'Etoudi
Pour faire transiter ses recommandations et consolider son influence sans occuper de rôle officiel, Franck Biya dispose d'ancrages clés au cœur de la présidence :
Samuel Mvondo Ayolo : Le directeur du cabinet civil de la présidence est son principal point d'entrée et son interlocuteur privilégié au palais.
Paul Elung Che : Secrétaire général adjoint de la présidence, cet éminent technocrate anglophone formé à Harvard partage avec lui une vision managériale de la gestion publique.
- Le verrouillage géopolitique : L'axe du Septentrion
Pour légitimer une stature nationale, l'appui du Grand Nord (puissant vivier électoral) est indispensable. Franck Biya y a tissé des alliances de premier ordre :
Les autorités traditionnelles : Il bénéficie du soutien de lamidos influents, notamment Aboubakary Abdoulaye (lamido de Rey-Bouba) et Abdoulaye Yérima Bakary (lamido de Maroua).
Les technocrates nordistes : Alamine Ousmane Mey (ministre de l'Économie et ex-directeur d'Afriland First Bank) ainsi que Manaouda Malachie (ministre de la Santé publique) font partie intégrante de ses connexions politiques directes.
Aminatou Ahidjo : La fille du premier président camerounais lui apporte une caution mémorielle et politique précieuse dans cette région.
- Le cercle business, financier et intime
Formé aux États-Unis en sciences politiques et en économie, Franck Biya s’entoure de profils financiers pointus plutôt que de politiciens de courtisans traditionnels :
Serge Akounou : Ami d'enfance et diplômé de UCLA, ce financier (passé par Citibank et membre du Shareholders Council de McKinsey) gère une partie de ses intérêts depuis Johannesburg.
L’intermédiation économique : Positionné à l'intersection des investissements étrangers, il intervient comme facilitateur discret dans les secteurs de l'énergie, de l'aviation, des mines et des télécommunications.
- La diplomatie "soft power" et sportive
Le réseau de Franck Biya utilise également des figures populaires majeures pour asseoir son image de modernité et mener des opérations de relations publiques :
Yannick Noah : L'ancien champion de tennis dispose d'un accès direct à Franck Biya, l'aidant notamment à fluidifier des projets immobiliers d’envergure à Yaoundé (comme « La Cité des cinquantenaires
Francis Ngannou : Le champion de sports de combat a été rapproché du premier cercle de Franck Biya via des intermédiaires comme Ghislain Nguewo, participant à la stratégie de séduction de la jeunesse.
Cette architecture réticulaire fait de Franck Biya la figure centrale du scénario de transition "légaliste". La vice-présidence lui offrirait le statut de dauphin constitutionnel automatique, lui permettant de contourner les factions rivales du parti au pouvoir (RDPC) et de s'imposer face aux réseaux concurrents, tout en garantissant aux partenaires économiques internationaux la continuité des affaires.