Selon des informations exclusives du lanceur d'alerte Boris Bertolt, c'est le Premier ministre Joseph Dion Ngute qui aurait demandé au Conseil national de la communication (CNC) d'écrire à Canal+ et aux distributeurs pour le rétablissement du signal de Vision 4. Une information qui éclaire d'un jour nouveau le dénouement du bras de fer entre le régulateur et la chaîne du groupe L'Anecdote.
C'est une révélation qui change la compréhension du dénouement de l'affaire Vision 4. Selon Boris Bertolt, c'est le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, qui aurait personnellement demandé au Conseil national de la communication d'écrire à Canal+ et aux distributeurs pour obtenir le rétablissement du signal de la chaîne.
Cette information, si elle se confirme, signifie que la décision du CNC de réactiver le signal de Vision 4 n'est pas le fruit d'une décision autonome du régulateur, mais d'une instruction venue du sommet de l'exécutif. Le Premier ministre, chef du gouvernement, aurait ainsi pris l'initiative de mettre fin à un conflit qui menaçait de s'enliser et de perturber l'équilibre du paysage médiatique national.
Cette intervention de Dion Ngute s'inscrit dans un contexte où plusieurs acteurs étaient déjà montés au créneau. Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, avait adressé une correspondance à Canal+ Cameroun, sur instruction de Paul Biya, pour demander la reprise de la diffusion. Le CNC avait ensuite adressé une mise en demeure à Canal+ International pour obtenir le retrait du signal. Finalement, c'est une nouvelle correspondance du CNC, datée du 6 octobre 2026, qui a autorisé la réactivation du signal.
Un conflit aux multiples rebondissements
Pour mémoire, le conflit entre le CNC et Vision 4 remonte à un reportage diffusé le 2 juin 2026, jugé offensant envers l'avocate Félicité Esther Zeifman. Le régulateur avait suspendu Martial Owona pour trois mois en août, avant de durcir les sanctions le 29 septembre : suspension d'un mois pour Vision 4, six mois pour Martial Owona, et un mois pour Boney Philippe et Jean-Claude Fouda Abega.
La chaîne avait contourné la sanction en diffusant ses programmes sur Vision 4 RCA, puis en basculant sur le canal 531 de Canal+. Le Tribunal administratif du Centre avait accordé un sursis à exécution des sanctions d'août, avant que le CNC ne conteste cette décision. C'est finalement une instruction venue de la Primature qui aura permis de dénouer la crise.
Cette révélation confirme que l'affaire Vision 4 était devenue un enjeu politique de premier plan. Le fait que le Premier ministre lui-même soit intervenu pour demander le rétablissement du signal témoigne de l'importance accordée par l'exécutif à la préservation de l'équilibre médiatique et à la fin d'un conflit qui menaçait de s'étendre.