Joseph Espoir Biyong, maire adjoint de la commune de Douala 5e, vient d'annoncer son ralliement au Front Social et National du Cameroun (FSNC) d'Issa Tchiroma Bakary. Dans un message de mobilisation publié ce 7 février 2026, il affirme que l'ancien ministre exilé en Gambie prépare activement son retour au pays et la mise en place d'un gouvernement d'union nationale.
Alors que certains observateurs enterrent prématurément le projet politique du FSNC, Joseph Espoir Biyong assure au contraire qu'Issa Tchiroma Bakary poursuit son travail depuis la Gambie, où il s'est réfugié après son départ du Cameroun.
"Pendant que certains prédisent la mort politique du FSNC, notre président national, monsieur Issa Tchiroma Bakary, continue de travailler avec les partenaires nationaux et internationaux pour préparer son retour au Cameroun et la mise en place d'un gouvernement d'union nationale", déclare le nouveau transfuge dans son message aux militants.
Le maire adjoint de Douala 5e ne se contente pas d'annoncer les ambitions de son nouveau leader. Il lance un véritable appel à la mobilisation sur le terrain, invitant les militants à structurer le parti jusque dans les villages.
"En tant que militants, notre travail est de continuer à vendre les cartes de membres à tous ceux qui veulent rejoindre le FSNC. Nous devons nous organiser dans nos quartiers et villages en comité de base pour préparer le retour triomphal de notre prochain président de la république", exhorte-t-il.
Les cartes d'adhésion sont proposées à 1000 FCFA, dans une stratégie visant à élargir massivement la base militante du parti.
Joseph Espoir Biyong esquisse les contours d'un Cameroun post-changement sous la houlette d'Issa Tchiroma. Sa vision : une démocratie participative où les pratiques actuellement décriées seraient bannies.
"Nous allons bientôt expérimenter la véritable démocratie, où le peuple décidera qui sera conseiller municipal, maire ou député. Il n'y aura plus d'ingérence, plus de menaces, plus de plis fermés", promet-il, faisant référence aux accusations récurrentes de manipulation des processus électoraux.
Le discours de Biyong se veut à la fois offensif et apaisant. Tout en affirmant que "le changement est inéluctable, rien ne peut l'empêcher", il appelle à une transition pacifique et réconciliatrice.
"Le jour est désormais sur le point de se lever. Préparons-nous spirituellement, mystiquement et mentalement pour que le vent du changement ne nous surprenne pas", exhorte-t-il les militants du FSNC.
Il insiste particulièrement sur la nécessité d'une transition apaisée : "Prions pour que ce changement se fasse dans le pardon mutuel et dans la réconciliation. Nous sommes des frères et nous devons continuer de vivre ensemble."
Ce message soulève plusieurs questions. Quels sont ces "partenaires nationaux et internationaux" censés accompagner Issa Tchiroma dans son projet de gouvernement d'union nationale ? Le ralliement d'un élu local comme Joseph Espoir Biyong marque-t-il le début d'une vague de transfuges vers le FSNC, ou reste-t-il un cas isolé ?
Surtout, comment se matérialisera ce "retour triomphal" annoncé d'un homme qui a quitté le Cameroun dans des circonstances controversées après avoir été l'un des ministres les plus influents du régime qu'il combat aujourd'hui ?
Ancien ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement sous Paul Biya, Issa Tchiroma Bakary tente de se repositionner comme figure d'opposition depuis son exil. Son ambition de constituer un "gouvernement d'union nationale" vise manifestement à transcender les clivages partisans et à se présenter comme un recours face à la fragmentation de l'opposition camerounaise.
Reste à savoir si ce discours trouvera un écho suffisant dans une classe politique et une opinion publique camerounaises habituées aux promesses de changement déçues.