Au cœur des accusations portées par le capitaine Effoudou figure la dénonciation d'un système méthodique de placement d'hommes de confiance aux postes stratégiques de l'appareil sécuritaire camerounais. Une enquête de Jeune Afrique détaille les exemples précis avancés par l'officier pour étayer cette accusation visant directement le secrétaire général de la présidence.
Selon Jeune Afrique, Kenneth Effoudou cite deux exemples qu'il juge particulièrement révélateurs : la nomination de Galax Yves Landry Etoga à la tête du Secrétariat d'État à la Défense, et celle, plus récente, de Jean-Pierre Robins Ghoumo à la tête de la DGRE — deux hommes présentés par l'officier comme des proches directs de Ferdinand Ngoh Ngoh. Pour Effoudou, ces nominations illustrent la manière dont le secrétaire général aurait « progressivement placé sous son contrôle plusieurs pans de l'appareil sécuritaire de l'État, bien au-delà des attributions attachées à sa fonction ».
Un filtrage de l'information dénoncé sans détour
L'enquête rapporte également une accusation plus large et particulièrement grave portée par l'officier : les renseignements provenant de certains services de l'État, directement ou indirectement rattachés au secrétariat général de la présidence, seraient filtrés en fonction des intérêts personnels de son actuel titulaire — une mise en cause frontale de l'intégrité de la chaîne d'information censée alimenter les décisions du chef de l'État lui-même.
Jeune Afrique cite enfin l'une des formules les plus directes de l'officier en exil, adressée nommément à Ferdinand Ngoh Ngoh : « Il n'est pas le président de la République. Il demeure un collaborateur du chef de l'État. » Une déclaration qui, en dépit de la délégation de signature à titre permanent dont bénéficierait le secrétaire général de la part de Paul Biya lui-même, rappelle que les questions de défense et de sécurité nationale relèvent, selon la Constitution camerounaise, des prérogatives personnelles du président.
Ce que cette dénonciation systématique, documentée par Jeune Afrique, met en jeu, c'est la question même de la souveraineté effective de l'exercice du pouvoir au Cameroun : si les accusations de Kenneth Effoudou sont avérées, elles suggéreraient qu'un homme non élu et non constitutionnellement investi de prérogatives sécuritaires propres aurait, au fil des années, construit un pouvoir parallèle capable de rivaliser avec celui du chef de l'État lui-même.