Un ancien du RDPC livre des secrets du parti : 'Ce sont des sorciers'
La question de la candidature de Paul Biya pour l'élection présidentielle de 2025 continue de susciter des débats enflammés au Cameroun. Lors de l'émission « Libre Expression » diffusée sur Info TV, l'ancien militant du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), Saint Eloi Bidoung, a exprimé une position tranchée contre une éventuelle nouvelle candidature de l'actuel chef de l'État, qui aura 92 ans et 8 mois en octobre prochain.
« Il n’est plus dans l’ordre normal des choses d’envisager une candidature de Paul Biya pour un huitième mandat », a déclaré Saint Eloi Bidoung. Selon lui, une telle démarche serait une erreur historique, et il n’a pas hésité à qualifier ceux qui encouragent cette idée de « sorciers ». Il a poursuivi en affirmant que pousser Paul Biya à briguer un nouveau mandat reviendrait à manifester un cynisme qu’il associe au « courage d’un vendeur de cercueils », une image forte pour illustrer l’idée que cela équivaudrait à condamner le président à une fin tragique au pouvoir.
Ces propos percutants visent non seulement la longévité de Paul Biya à la tête du Cameroun, mais également le manque de considération pour son âge avancé et son état de santé. « Ils ne voient pas qu’il est très âgé et fatigué ? Ils veulent seulement qu’il meure au pouvoir ? », s’est indigné Saint Eloi Bidoung, dénonçant ce qu'il considère comme un « crime envers le peuple camerounais » si une nouvelle candidature venait à être déposée.
Cette déclaration intervient alors que des voix divergentes continuent de s’exprimer sur le sujet. Mathias Eric Owona Nguini, analyste politique et fervent soutien de Biya, a pour sa part défendu l’idée d’un pouvoir perpétuel. « Le Président Paul Biya sera le candidat du RDPC en octobre 2025. Je n’ai aucun problème avec le pouvoir perpétuel et j’assume mon choix », a-t-il rétorqué, ajoutant que « l’âge de notre champion Paul Biya ne nous pose aucun problème ».
Les débats autour de la succession de Paul Biya prennent ainsi une tournure de plus en plus houleuse, illustrant les clivages au sein de la classe politique camerounaise. Tandis que certains, comme Saint Eloi Bidoung, appellent à un renouvellement et considèrent qu’un huitième mandat serait un « crime », d’autres continuent de soutenir inconditionnellement le président actuel. À moins de deux ans de l'élection présidentielle, l'incertitude plane encore sur le paysage politique, avec un débat profondément ancré sur la question de la transition au sommet de l'État.