La ville de Yaoundé vibre avec une nouvelle affaire de mœurs. Au quartier Oyom-Abang, dans la matinée, vers 5 heures, un décès est survenu. L'homme, le défunt, s'était rendu dans un bar pour s'enjailler. Récit du lanceur d'alerte Manto.
Le jeune homme, abonné fidèle aux danseuses érotiques, a trouvé la mort entre les jambes glissantes d'une de ces femmes de nuit. Il est 23 heures à Oyom-Abang. Les délestages noircissant la nuit donnent des idées claires à un jeune homme qui s'évade des piqûres de moustiques, direction le célèbre bar appelé la maison mère, temple de l'alcool et du sexe.
Sur les lieux, confortablement assis dans un coin, le jeune homme décapsule à peine sa bouteille qu'une silhouette à l'apparence raffinée apparaît, disparaît, réapparaît et se trémousse sous son regard obnubilé. Son soutien-gorge s'envole, à l'instar d'un parachute, atterrit sur son visage en sueur. Tel un cobra lancé à l'assaut d'une proie, la stripteaseuse ondule son corps venimeux autour du client debout, resté assis.
Tendu, surtendu, le jeune homme ne résiste pas à la paire de nichons braquant ses yeux et s'agrippe sur la danseuse nue, suppliant sans délai un voyage vers le septième ciel. La fusée ne décolle pas sans carburant. Lui glisse sensuellement la femme dans son tympan.
Les trois malheureux billets de mille francs imbibés au fond de sa poche sont les tickets lui assurant son voyage. La chaise dans laquelle le jeune homme est coincé depuis son arrivée se transforme en un trampoline. La danseuse ne danse plus et fait chanter ses lèvres sur le troisième pied veineux de l'homme en cris. Les cris s'intensifient au rythme des pompes entre bas-ventres.
Soudain, le jeune homme absent aux cadences, est couché malgré ses bijoux de famille debout. La femme tente de le réactiver par une série de bouche à bouche, rien.
Sa mort est constatée à 5 heures du matin. Comme un soldat, le jeune homme est mort sur le champ de bataille. Le commissaire de police et le sous-préfet, arrivés sur les lieux, ont exigé l'interpellation de la stripteaseuse et de tout le personnel de l'établissement.