Plus de 500 journalistes debout, applaudissant un sélectionneur qui vient de perdre son match. La scène, aussi rare qu'émouvante, résume à elle seule l'effet Pagou. En moins de trois semaines à la tête des Lions Indomptables, le technicien camerounais a réussi là où beaucoup échouent : réconcilier une nation avec son équipe, imposer un style de jeu lisible et conquérir le respect de la presse internationale. Loin des provocations et de l'arrogance de certains prédécesseurs, David Pagou incarne une nouvelle génération d'entraîneurs africains : humble, accessible, brillant. Et redoutablement efficace.
Pagou, le sélectionneur qui réconcilie le Cameroun avec le respect
La scène restera gravée dans ma mémoire comme l’un des moments les plus forts de toutes les CAN que j’ai couvertes. À la fin de la conférence de presse du match Cameroun–Maroc — soldée par une victoire marocaine 2–0 — un fait rarissime s’est produit : plus de 500 journalistes se sont levés pour applaudir David Pagou. Oui, applaudir un sélectionneur en compétition officielle. Je n’avais presque jamais vu cela. C’était spontané, sincère, unanimement respectueux.
Pendant toute la CAN, David Pagou fut le meilleur « client » que la presse puisse rêver d’avoir. Disponible, transparent, posé. Il a répondu à chaque question avec un professionnalisme remarquable, sans arrogance, sans esquive, sans tension. Là où beaucoup d’entraîneurs se montrent méfiants, irritables ou condescendants, lui a installé un climat de respect mutuel.
On est à des années-lumière du style abrupt de son prédécesseur Marc Brys, souvent sec, hautain, voire provocateur — on se souvient de ses « je n’ai pas peur de la Côte d’Ivoire, je n’ai pas peur d’Eto’o ». Pagou, lui, n’a jamais eu besoin d’élever la voix pour imposer son leadership.
Au-delà du relationnel, le technicien a impressionné. Pour un entraîneur qui effectuait sa toute première apparition sur la scène internationale, il a démontré une maîtrise tactique et une intelligence de jeu qui forcent l’admiration. En plus de dix CAN couvertes, je n’ai jamais assisté à une telle reconnaissance médiatique. Habituellement, entre entraîneurs et journalistes, c’est la méfiance, la crispation, parfois même l’hostilité. Mais avec Pagou, quelque chose d’exceptionnel s’est produit : il a rallié tout le monde par sa simplicité, son honnêteté et sa vision claire du football.
Et ce qu’il faut rappeler, c’est l’exploit contextuel :
nommé le 1er décembre 2025, il commence réellement son travail le 16 décembre… et en moins de trois semaines, il métamorphose l’équipe.
Pour un sélectionneur fraîchement débarqué, c’est un petit miracle.
Un journaliste malien résumait parfaitement le sentiment général à la fin de la conférence de presse :
« Réaliser une telle performance dans un délai aussi court est impressionnant. Votre pays a la chance d’avoir un grand entraîneur. Vous avez le devoir de le soutenir pour qu’il réalise encore de grandes choses pour le Cameroun. »
Ces paroles ont résonné dans la salle, parce qu’elles étaient vraies.
La FECAFOOT a eu le flair, le courage et l’intelligence de confier les clés de la sélection à David Pagou. Et aujourd’hui, tout le monde peut le constater : le Cameroun tient-là un entraîneur de très haut niveau, un meneur d’hommes rare, un technicien brillant et un ambassadeur impeccable de l’esprit sportif camerounais.
Le respect qu’il a gagné n’est pas un cadeau : il l’a mérité, il l’a inspiré, il l’a imposé par son travail.
Le Cameroun ne pouvait espérer meilleur choix.