Le ministre des Finances Louis Paul Motaze a lancé officiellement ce lundi 13 janvier 2026 à Ngaoundéré le budget de l'État pour l'exercice en cours. Parmi les nouvelles mesures fiscales annoncées, une innovation majeure : les créateurs de contenus, influenceurs et autres acteurs du numérique seront désormais soumis à l'impôt en fonction de leurs revenus publicitaires et de leur nombre d'abonnés. Une décision qui marque l'entrée de l'économie numérique dans le giron fiscal camerounais.
C'est dans la capitale régionale de l'Adamaoua que le gouvernement camerounais a choisi de lancer officiellement le budget 2026 de l'État. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, arrivé dimanche 12 janvier pour une visite de travail de deux jours, a été accueilli en grande pompe à l'aéroport par les autorités traditionnelles et administratives, les forces vives et les élites de la région.
Parmi les principales orientations fiscales dévoilées lors de ce lancement officiel, une mesure retient particulièrement l'attention : la taxation des créateurs de contenus numériques. Désormais, les influenceurs, YouTubeurs, TikTokeurs et autres acteurs de l'économie digitale seront soumis à l'impôt « en fonction des revenus publicitaires générés ainsi que du nombre d'abonnés », conformément aux nouvelles dispositions du budget 2026.
Cette décision historique marque une rupture dans la politique fiscale camerounaise. Pour la première fois, l'État reconnaît officiellement l'existence d'une économie numérique génératrice de revenus substantiels et décide de l'intégrer pleinement dans son système de prélèvement fiscal.
Si cette mesure peut être perçue comme une normalisation légitime – après tout, tout revenu généré sur le territoire national est en principe imposable –, elle suscite néanmoins des interrogations au sein de la communauté des créateurs de contenus camerounais.
Comment seront calculés exactement ces impôts ? À partir de quel seuil de revenus ou d'abonnés un créateur de contenus sera-t-il fiscalisé ? Quelles seront les modalités déclaratives ? Autant de questions qui attendent encore des réponses détaillées de la part de l'administration fiscale.
Le choix de Ngaoundéré pour le lancement officiel du budget n'est pas anodin. Cette visite du ministre Motaze dans la région de l'Adamaoua s'inscrit dans une démarche de décentralisation de la communication gouvernementale et de proximité avec les populations des régions.
L'accueil réservé au ministre par les autorités locales, traditionnelles et administratives témoigne de l'importance accordée à cet événement dans une région qui espère bénéficier d'allocations budgétaires conséquentes pour son développement.
Au-delà de la taxation des influenceurs, le budget 2026 devrait contenir d'autres mesures visant à élargir l'assiette fiscale camerounaise et à améliorer la mobilisation des recettes intérieures. Dans un contexte économique marqué par des contraintes budgétaires persistantes, le gouvernement mise sur une meilleure captation des richesses produites sur le territoire national, y compris dans les secteurs émergents comme l'économie numérique.
Cette orientation s'inscrit dans les recommandations des institutions financières internationales qui encouragent les pays en développement à diversifier leurs sources de revenus fiscaux et à ne pas laisser échapper les nouveaux gisements de taxation.
Cette annonce devrait susciter de vives réactions dans les jours à venir au sein de la communauté des créateurs de contenus camerounais, particulièrement active sur les réseaux sociaux. Certains pourraient y voir une reconnaissance officielle de leur activité professionnelle, tandis que d'autres redouteront une ponction supplémentaire sur des revenus souvent irréguliers.