Coup de tonnerre au Cameroun: changement historique

Place Portuaire De Douala Pad Image illustrative

Sun, 25 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

La souveraineté ne se proclame pas. Elle se défend. Et parfois, elle s’impose par des décisions radicales. Le 2 janvier 2026, le Port Autonome de Douala a officiellement mis fin à la collaboration avec le géant suisse du contrôle et de la certification SGS. Un événement qui dépasse largement le cadre d’un simple contrat commercial : c’est un séisme sécuritaire, économique et géopolitique.

1- Un retard inacceptable : 7 ans pour 4 scanners

Le contrat, qui prévoyait un déploiement en 10 mois, a accumulé un retard considérable. Sept ans plus tard, seuls 4 scanners étaient opérationnels, sur les 6 initialement prévus. Les conséquences sont lourdes : vulnérabilité du dispositif douanier, ralentissement des contrôles et fragilisation de la chaîne sécuritaire nationale.

2- Des failles critiques dans la sécurité nationale

Des conteneurs ont transité sans être scannés, y compris du matériel sensible. Ce n’est plus un problème technique : c’est une question de sécurité nationale. Quand la technologie censée protéger un pays devient une faille, la rupture devient une obligation.

3- Une logique économique contre la logique souveraine

Les priorités opérationnelles semblaient orientées vers les flux les plus rentables, au détriment du contrôle stratégique. En clair : le business avant la sécurité.

Le débat ne s’arrête pas à SGS. Il se prolonge avec le nouveau contrat PSRD-NG, qui soulève des interrogations majeures : une entreprise étrangère analyse les risques douaniers du Cameroun, des données sensibles sont traitées hors du territoire national, en cas de litige, l'obligation est de plaider à l’étranger, et il y a renonciation partielle à l’immunité souveraine. Autrement dit : la sécurité fiscale et douanière du Cameroun est externalisée.

Depuis la décision de mars 2025 de ne pas reconduire SGS, des tentatives d’influence ont été évoquées. Dans un monde où la sécurité économique est devenue une arme géopolitique, la maîtrise des infrastructures critiques n’est plus négociable.

En mettant fin à la collaboration avec SGS, le Cameroun envoie un message clair : la sécurité nationale n’est pas à vendre, la souveraineté n’est pas sous-traitable, les données stratégiques ne sont pas exportables. Ce choix marque peut-être le début d’une nouvelle doctrine africaine : reprendre le contrôle des outils de sécurité, de fiscalité et de souveraineté économique.

Source: www.camerounweb.com