8 Mars : « Une femme Premier ministre par mérite » — Owona Nguini interpelle Paul Biya sur InfoTV

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Sun, 8 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans l'émission Libre Expression sur InfoTV, le politologue Mathias Éric Owona Nguini a choisi la Journée Internationale de la Femme pour adresser un message fort au sommet de l'État camerounais. Sa thèse : la promotion des femmes aux plus hautes fonctions de l'État n'est pas seulement une question de justice — c'est un acte pédagogique que le président de la République a le pouvoir et la responsabilité d'accomplir.

L'argument d'Owona Nguini est à la fois simple et puissant. « Le président de la République, comme très haute autorité, a la possibilité, ne serait-ce que sur le plan pédagogique, de nommer des femmes dans des positions encore plus importantes que celles qu'elles ont occupées jusqu'ici », a-t-il déclaré, soulignant que l'exemplarité du pouvoir a une valeur que les discours n'ont pas.

Et d'illustrer sa pensée avec une formule qui fait mouche : « Si on dit par exemple, une femme ministre d'État, ou une femme Premier ministre, ça met dans les têtes qu'une femme aussi peut être Premier ministre en raison de ses mérites. » Une phrase qui résume toute la théorie du modèle — ce que l'on voit au sommet, on finit par le considérer comme possible pour soi.

Mais le politologue prend soin d'écarter toute lecture qui réduirait sa position à du simple quota. La nuance est essentielle : « Elle ne sera pas Premier ministre seulement parce qu'elle est femme, elle sera Premier ministre en raison de son expérience. » Ce qu'Owona Nguini appelle de ses vœux, ce n'est pas une promotion symbolique et creuse — c'est la reconnaissance, par les plus hautes nominations de l'État, d'une compétence féminine qui existe déjà dans les faits, mais que les structures de pouvoir refusent systématiquement de consacrer.

Ce qui donne du poids à cette déclaration, c'est l'adresse directe au président de la République. Dans un système présidentialiste comme celui du Cameroun, où les nominations aux postes stratégiques relèvent exclusivement du chef de l'État, la responsabilité de faire bouger les lignes appartient en premier lieu à Paul Biya. Owona Nguini ne se contente pas de décrire un problème sociétal — il désigne clairement celui qui détient les clés du changement.

En ce 8 mars, où Chantal Biya présidait le défilé du Boulevard du 20 Mai, la question posée par le politologue résonne avec une acuité particulière : quand le Cameroun verra-t-il une femme occuper l'un des postes qui commandent vraiment ?

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