Libération d'Amougou Belinga: nouveau rebondissement

Amougou Belinga En Detention Image illustrative

Thu, 19 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Nouveau rebondissement dans l'affaire Martinez Zogo. L'audience sur la demande de mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Amougou Belinga, principal inculpé dans l'enlèvement et l'assassinat du journaliste, a été renvoyée au 16 avril 2026 pour une nouvelle ouverture des débats — écartant, au moins provisoirement, le spectre d'une libération imminente qui avait suscité une vague d'indignation depuis la révélation des pressions exercées en coulisses.

Mais la famille du journaliste ne s'est pas contentée d'attendre. Dans une lettre adressée directement à Son Excellence Paul Biya, signée par la veuve Madame Mbani Zogo née Diane Zogo et par A. Zogo Andela, la famille tire la sonnette d'alarme au plus haut niveau de l'État.

Le texte, d'une dignité et d'une gravité rares, commence par saluer la décision du Président d'avoir confié l'affaire à une Commission d'Enquête Mixte de haut niveau — avant d'alerter sur ce qui se trame : « Certaines personnalités tapies dans l'ombre, usant de leurs réseaux d'influence, s'emploieraient à obtenir la remise en liberté de Monsieur Jean-Pierre Amougou Belinga. »

La lettre appelle Paul Biya « à une vigilance personnelle afin que rien ni personne ne puisse compromettre le travail du juge d'instruction, ni saper la crédibilité du processus engagé ». Une formule qui, sans les nommer, vise directement les réseaux d'influence évoqués — et qui place le Président en position d'arbitre suprême d'un bras de fer judiciaire à hauts risques politiques.

« Nous avons foi que, sous votre haute autorité, la lumière continuera d'être faite jusqu'à ce que justice soit pleinement rendue », concluent les signataires — un appel à l'engagement présidentiel qui dit, en creux, que la famille craint que ce même engagement ne soit contourné sans une intervention directe d'Etoudi.

Le renvoi au 16 avril 2026 offre un délai supplémentaire — mais ne clôt pas le débat. La Cour d'Appel du Centre devra reprendre l'examen de la demande de liberté provisoire. En attendant, les magistrats dont certains auraient été, selon des sources citées précédemment, écartés au profit de nouveaux membres, seront à nouveau au cœur de toutes les attentions.

L'issue de cette audience sera observée non seulement par la famille Zogo, mais aussi, comme le rappelait la présence de l'ancien ambassadeur américain Christopher John Lamora lors de la première audience du procès, par la communauté internationale.

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