Futur Vice-président: Paul Biya a fait son choix, surprise générale

Aboubakary Abdoulay NGOH NGOH PAUL BIYA Image illustrative

Sat, 21 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Ce n'est plus un secret de couloir. Selon des informations exclusives recueillies par Le TGV de l'Info et étayées par un projet de révision constitutionnelle circulant dans les cercles du pouvoir, le régime de Paul Biya s'apprête à engager une modification profonde de la Constitution camerounaise de 1996. Derrière le vocabulaire de la « décentralisation » et de la « modernisation des institutions » se dissimule, selon nos sources, un plan de succession soigneusement orchestré — avec pour pièce maîtresse la création d'un poste de Vice-Président de la République.

Franck Biya, Ngoh Ngoh, Philémon Yang : le trio des dauphins potentiels

Le cœur du projet, révèle le TGV de l'Info, est la substitution du mécanisme actuel de succession — qui confie l'intérim en cas de vacance au président du Sénat — par un vice-président nommé directement par le chef de l'État. Un glissement constitutionnel qui, dans les faits, permettrait à Paul Biya de désigner lui-même son successeur.

Trois noms circulent comme potentiels profils pour ce poste : Franck Biya, fils du président et conseiller spécial, présenté comme la solution dynastique ; Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la Présidence et homme fort du clan Nanga ; et Philémon Yang, ancien Premier ministre. Un document de révision constitutionnelle dont nous avons pris connaissance confirme que la Présidence de la République comprendrait désormais le Président, le Vice-Président, le Secrétaire Général et le Secrétaire Général Adjoint — avec une règle d'alternance linguistique : si le Président est francophone, le Vice-Président sera anglophone, et vice-versa.

Des sources internes indiquent que des chefs traditionnels auraient été consultés en amont pour valider ce schéma successoral.

Le projet constitutionnel ne se limite pas à la question du dauphin. Il s'accompagne d'une reconfiguration territoriale radicale : multiplication des départements et arrondissements, augmentation du nombre de représentants (députés, conseillers régionaux et municipaux). Plusieurs analystes interrogés par le TGV de l'Info y voient une stratégie de gerrymandering — fragmenter les zones d'opposition et créer de nouveaux fiefs favorables au RDPC pour reprendre la main après les contestations post-électorales de 2025.

Mandat 5 ou 7 ans renouvelable une fois, nouveau code électoral, âge abaissé

Le texte, piloté par Ferdinand Ngoh Ngoh avec une équipe de constitutionnalistes dont le politologue Luc Sindjoun, prévoit également plusieurs ajustements présentés comme des concessions démocratiques : la réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans, ou son maintien à 7 ans avec une limitation à un septennat renouvelable une fois ; une réforme du code électoral — officiellement pour moderniser, officieusement pour reprendre le contrôle du processus — et l'abaissement du seuil d'âge de 35 ans pour être candidat à la présidence, ouvrant la voie à une nouvelle génération.

Le recours à une session parlementaire extraordinaire (article 63 de la Constitution) serait l'option privilégiée pour une adoption rapide, à la majorité des trois cinquièmes. La question de la double nationalité, un temps évoquée, aurait été écartée.

Selon des informations déjà révélées par Jeune Afrique, le projet est « techniquement prêt » et se trouve entre les mains de Paul Biya. Ce qui confirme que le fond du dossier est bouclé — seul le timing de l'annonce et le choix du dauphin restent à trancher au sommet de l'État.

Cette réforme marque, selon le TGV de l'Info, « la fin d'une ère » : le régime ne cherche plus à convaincre, mais à se perpétuer.

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