URGENT/ Révision constitutionnelle : les travaux démarrent ce dimanche à l'Assemblée Nationale —

ASSEMBLEE NATIONALE COMPOSITION Image illustrative

Sun, 22 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Le calendrier est désormais officiel. Selon le programme des travaux signé le 19 mars 2026 par le Secrétaire Général de l'Assemblée Nationale Essian André Noël, la Commission des Lois Constitutionnelles de la 10ème Législature se réunit ce dimanche 22 mars à 16 heures en salle des commissions Très Honorable Cavaye Yeguie Djibril — nom qui résonne avec une ironie particulière, l'homme dont le départ a lui-même été l'un des premiers signaux de la recomposition institutionnelle en cours — pour l'étude du projet de loi N°2092/PJL/AN.

Le calendrier est serré. Dès le lundi 23 mars à 10h30, la même Commission se réunira à nouveau pour l'adoption du rapport sur ce projet de loi. Et à 16 heures le même jour, l'hémicycle s'ouvrira en séance plénière pour la discussion générale du projet de loi — soit moins de 48 heures entre le début des travaux en commission et le débat devant l'ensemble des députés. Une rapidité d'exécution qui dit à elle seule l'urgence politique de l'affaire.

La prorogation des mandats, première brique d'un édifice plus grand

Le projet de loi N°2092/PJL/AN correspond, selon nos informations, au projet de loi de prorogation du mandat des députés jusqu'au 20 décembre 2026, déposé par le Président de la République Paul Biya le 19 mars lors de la conférence des présidents — premier acte législatif du règne de Théodore Datouo à la présidence de l'Assemblée Nationale.

Mais cette prorogation n'est que la première pierre d'un chantier constitutionnel bien plus vaste. Selon des informations concordantes recueillies ces derniers jours, le régime prépare en parallèle une révision en profondeur de la Constitution de 1996 : création d'un poste de vice-président, réduction ou limitation du mandat présidentiel, refonte du code électoral et redécoupage administratif portant le nombre de départements de 58 à environ 70.

Cette session extraordinaire de mars 2026 aura déjà marqué l'histoire : double remplacement à la tête des deux chambres, prorogation des mandats, et désormais révision constitutionnelle. Les députés, dont le mandat expire le 30 mars, légifèrent sur leur propre sort — une configuration que les constitutionnalistes appellent, avec pudeur, un conflit d'intérêts institutionnel. Et que d'autres, moins pudiques, appellent une démocratie qui se mange elle-même.

Source: www.camerounweb.com