Un projet à Kribi fait beaucoup parler. Nathalie Moudiki, épouse d’Adolphe Moudiki (directeur de la Société nationale des hydrocarbures – SNH), est impliquée dans l’affaire. Elle est même accusée de commettre des « crimes et des péchés » capitaux que ne manque pas de lister un célèbre lanceur d’alerte.
Le projet Cstar a été lancé par la vraie patronne de la SNH (pour dire que son mari ne contrôle rien en effet, ndlr), Nathalie Moudiki et le fils de Chantal Biya, son jumeau, Franck Hertz. Il prévoit un dépôt de 250 000 tonnes métriques de carburant et une raffinerie de 30 000 barils par jour, dans la zone portuaire de Kribi.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte critique. La Sonara, seule raffinerie du pays, est toujours hors service depuis son incendie en 2019. Sa réhabilitation traine. Les études en cours semblent tourner en rond. À chaque fois, on annonce le lancement de sa réhabilitation, mais rien ne bouge et c’est ainsi que l’argent sort. Mais ce projet dès le départ est une énième catastrophe et voici les curiosités.
Le Conseil d’administration n’a pas été informé. Le président du Conseil d’administration, le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh a découvert le projet.
Le Premier ministre, chef du gouvernement, n’a pas été associé dans sa mise en œuvre.
Le ministère de l'Eau et de l'Énergie et la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) et la Société nationale de raffinage (Sonaro) n'ont pas été associés au projet, créant un déficit de régulation.
Cstar ajoute un dépôt alors que la SCDP en possède déjà dix dépôts répartis dans le pays. Les deux entités risquent de se disputer les mêmes fournisseurs et clients, complexifiant la logistique. Aucun rapport public ne permet de comparer les coûts de gestion entre Cstar et la SCDP.
Le consortium Ariana/RCG, partenaire de Cstar, n'a aucune référence solide en matière de gestion de stocks stratégiques et de raffinage, posant un risque de dépendance technique. Comme la SNH l’est déjà en ce moment avec les opérateurs pétroliers amont.
Aucun texte de loi au Cameroun ne spécifie si la gestion des stocks stratégiques peut être confiée à une filiale privée. Le décret de 2012, qui régit son fonctionnement, n'a pas été actualisé pour intégrer Cstar.
Le développement de Cstar sans implication du ministère de l’Eau et de l’Énergie (autorité de tutelle), et de la CSPH (régulateur des prix et stocks), fragilise la légitimité du projet et le cadre réglementaire existant.
En 2024, l’entreprise Technlogix, difficilement identifiable, a reçu 5 cargaisons des pétroles bruts de la SNH, d’une valeur minimale de 140 milliards de francs CFA. Jusqu’au mois de mars 2025, aucun paiement n’a été reçu dans les comptes de la SNH, malgré les relances du directeur commercial adjoint (DCA) de l’époque, Ndongo Ndi Emmanuel. Le chairman et CEO de Techlogix n’est autre que Mr Azzam Makhlouf aujourd’hui derrière le consortium Ariana/RCG.
Face au refus de paiement de Techlogix, Le DCA, Ndongo Ndi Emmanuel, a rendu compte par écrit, à l’ADG, Adolphe Moudiki. Quelques temps après son compte rendu à l’ADG, le DCA Ndongo Ndi Emmanuel sera rétrogradé au niveau de cadre simple en complément d’effectif à la Direction stratégie, puis viré de la SNH comme un malpropre. Au moment où Ndongo Ndi Emmanuel quitte la SNH (début mars 2025), les 140 milliards ne sont toujours pas payés à la SNH.
Le premier Conseil d’administration de la structure Cstar, tenu à Dubaï, aux Émirats arabes unis a porté Nathalie Moudiki aux postes de présidente du Conseil d’administration (PCA) et CEO. Azaam, le chairman et CEO de Techlogix, qui refuse de payer les cinq cargaisons reçues de la SNH, a été nommé vice-président de Cstar, donc de Nathalie Moudiki.
Ainsi révélé, Nathalie Moudiki a tous les pouvoirs pour faire ce qu’elle veut dans le pays. Sa proximité avec Chantal Biya facilite d’ailleurs les choses en ce sens.