Impôts: très mauvaise nouvelle pour les consommateurs camerounais

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Thu, 26 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

L'application d'un droit d'accises de 5% sur les bouquets compris entre 5 000 et 10 000 FCFA va mécaniquement renchérir la facture des ménages. La Fondation camerounaise des consommateurs dénonce une nouvelle pression fiscale sur les classes moyennes.

Les abonnés camerounais aux services de télévision numérique devront ouvrir l'œil dès le 1er avril 2026. La Fondation camerounaise des consommateurs (FOCACO) a publié ce 26 mars un communiqué alertant sur une augmentation imminente des prix des bouquets TV, consécutive à l'entrée en vigueur de la Loi de Finances 2026.

Selon l'organisation de défense des consommateurs, un réaménagement de la fiscalité sur les contenus audiovisuels a été opéré par l'article 142 du Code général des impôts, instituant des droits d'accises sur certains bouquets jusqu'ici exemptés.

Si le gouvernement présente cette mesure comme une réduction du taux de droit d'accises pour certains segments (passant de 12,5% à 5%), la réalité du marché, selon la FOCACO, est tout autre. L'application de ce taux de 5% aux bouquets dont le prix est supérieur à 5 000 FCFA et inférieur ou égal à 10 000 FCFA entraînera une augmentation mécanique du prix final.

« Un abonnement actuellement facturé à 10 000 FCFA passera à 10 500 FCFA dès le 1er avril, soit une charge supplémentaire de 500 FCFA par mois pour l'abonné », illustre la FOCACO dans son communiqué. Une somme qui, annualisée, représente 6 000 FCFA supplémentaires à la charge des ménages déjà soumis à une pression inflationniste persistante.

Les bouquets d'entrée de gamme épargnés

L'organisation tient toutefois à rassurer les abonnés aux offres les plus modestes. Les bouquets dits « très bas de gamme », dont le prix hors taxe est inférieur ou égal à 5 000 FCFA, bénéficient d'une exonération totale et ne devraient subir aucune hausse.

Un signal qui, selon la FOCACO, ne suffit pas à compenser l'impact sur les classes moyennes, qui constituent le cœur des abonnés aux offres intermédiaires. « Cette pression fiscale supplémentaire pèse une nouvelle fois sur le consommateur final, limitant ainsi l'accès à l'information et au divertissement numérique pour les classes moyennes », déplore l'association.

Appel à la transparence des opérateurs

La FOCACO appelle les opérateurs de distribution, notamment CanalSat et les autres fournisseurs, à faire preuve de transparence dans leur communication tarifaire. « Les abonnés doivent être informés clairement des nouveaux tarifs avant la date d'effet », insiste l'organisation.

L'association invite également les consommateurs à la vigilance dès le 1er avril, en vérifiant leurs factures et en signalant tout éventuel abus. « Il ne faudrait pas que certains opérateurs profitent de cette mesure pour pratiquer des augmentations au-delà de ce que prévoit la loi », prévient Alphonse Ayissi Abena, président exécutif de la FOCACO.

L'article 142 du Code général des impôts, modifié par la Loi de Finances 2026, a suscité des critiques dès son adoption. Pour ses détracteurs, cette fiscalité accrue sur les contenus audiovisuels pénalise l'accès à l'information et à la culture dans un pays où les supports numériques sont devenus essentiels.

Les défenseurs de la mesure, en revanche, soulignent la nécessité d'élargir l'assiette fiscale pour financer les services publics. Le gouvernement camerounais n'a pas encore communiqué officiellement sur l'entrée en vigueur de cette disposition, laissant les opérateurs et les consommateurs dans l'attente de précisions.

Source: www.camerounweb.com