Le paysage audiovisuel camerounais perd l'une de ses figures les plus attachantes. Veyreton Adrien Tafen, plus connu sous son nom de scène Foly Dirane, est décédé ce 26 mars 2026 à l'Hôpital Général de Yaoundé, des suites de maladie. Il avait 68 ans, né en 1958 à Bafoussam.
Animateur vedette de la CRTV, Foly Dirane était indissociable de son émission culte « Délire », lancée au début des années 1990 et diffusée pendant 17 ans. Rampe de lancement pour des générations de jeunes artistes camerounais, ce programme mêlait divertissement, formation musicale et expression culturelle dans un format qui n'a pas vieilli dans les mémoires.
Présentateur, producteur, formateur, chanteur, réalisateur : Foly Dirane portait plusieurs casquettes avec une même liberté de ton, une même chaleur d'antenne. « Sa voix et sa liberté de ton avaient fait de lui une référence à une époque charnière de l'audiovisuel national, où la télévision devenait un espace d'expression pour la jeunesse », rapporte Afrik Inform. « Il a marqué de son empreinte plusieurs générations, contribuant à révéler et encadrer de nombreux talents de la scène musicale camerounaise. »
Il y a quelques semaines, le ministre de la Santé Dr Malachie Manaouda s'était rendu personnellement au chevet de Foly Dirane pour s'enquérir de son état de santé et lui apporter le soutien du gouvernement. Il avait instruit sa prise en charge totale et adressé des mots d'encouragement à son épouse et à ses enfants : « Rester positifs. Être forts. Lui envoyer des ondes positives. Il est fort dans la tête, ça va aller. »
Ces ondes n'ont pas suffi.
Un deuil qui s'ajoute à d'autres dans le monde des médias camerounais
Foly Dirane rejoint dans la mémoire collective deux autres figures des médias camerounais disparues récemment : Consty Eka, le « Roi de la Télé », inhumé en Côte d'Ivoire le 21 mars dernier, et Arnaud Nguefack, grand reporter de Canal 2, décédé ce même 26 mars. Trois noms, trois générations de l'audiovisuel camerounais, emportés en quelques jours.
« Ne vous sentez pas seuls, nous sommes ensemble », avait dit le ministre Manaouda à la famille de Foly. Aujourd'hui, c'est tout le Cameroun qui se retrouve seul sans lui.