Biya, Chantal et Ngoh Ngoh jeté à Kondengui: les confidences explosives d'un président qui sait tout

CHANTAL BIYA NGOH NGOH FRANCK HERTZ Image illustrative

Thu, 2 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Le lanceur d'alerte Boris Bertolt vient de lâcher ce qui pourrait bien être l'indiscrétion politique la plus explosive de ces dernières années au Cameroun. Selon ses informations, le président Paul Biya aurait confié à plusieurs diplomates en poste à Yaoundé qu'il est parfaitement informé de ce que Chantal Biya, la première dame, et Ferdinand Ngoh Ngoh, le tout-puissant secrétaire général de la présidence, font dans son dos depuis des années. Pire — ou mieux, selon le point de vue — le Chef de l'État aurait demandé qu'on lui laisse le temps d'envoyer Ngoh Ngoh à Kondengui avant de partir.

L'image d'un Paul Biya vieillissant, coupé des réalités et manœuvré par son entourage immédiat, est depuis longtemps le récit dominant dans les cercles diplomatiques et les milieux de l'opposition camerounaise. Ces révélations de Boris Bertolt viennent brutalement fracasser ce narratif.

Si ces confidences présidentielles sont avérées, elles dessinent au contraire le portrait d'un chef de l'État lucide, informé et délibérément patient — un homme qui a choisi son moment, qui laisse la corde se dérouler avant de la tendre. Un vieux lion qui feint de dormir.

La mise en cause de Ferdinand Ngoh Ngoh est particulièrement saisissante. Secrétaire général de la présidence depuis 2011, cet homme discret et redouté est considéré par beaucoup comme le véritable patron de l'Etoudi — celui par qui passent les nominations, les décisions et les arbitrages au quotidien. Son influence tentaculaire, ses réseaux dans l'administration, ses liens avec les milieux d'affaires lui ont valu une réputation de faiseur de roi.

Que Paul Biya lui-même envisage de l'envoyer à Kondengui — la tristement célèbre prison centrale de Yaoundé, symbole des disgrâces politiques au Cameroun — constituerait un retournement de situation historique. Ce serait la chute d'un des derniers piliers du système Biya, par la main même de celui qu'il est censé servir.

La mention de la première dame Chantal Biya dans ces confidences présidentielles est une autre bombe à retardement. Personnage influent, omniprésent dans le dispositif humanitaire et sanitaire du pays à travers la Fondation Chantal Biya, elle est aussi régulièrement citée dans les cercles du pouvoir comme une actrice politique de premier plan, dont l'influence dépasse largement le cadre protocolaire de son rôle.

Que Paul Biya lui-même exprime, même en privé, une conscience aiguë de ce que fait son épouse «dans son dos», ouvre des perspectives vertigineuses sur les tensions qui règneraient au sommet de l'État camerounais.

Un détail de taille mérite attention : selon les révélations de Boris Bertolt, ces confidences auraient été faites à des diplomates. Paul Biya n'aurait donc pas murmuré ces mots dans l'oreille d'un proche ou d'un conseiller — il les aurait livrés à des représentants étrangers, dont le rôle naturel est précisément de rapporter et d'analyser. Est-ce un aveu involontaire ? Une mise en garde délibérément destinée à circuler ? Ou un signal envoyé à ceux que le Chef de l'État vise directement, pour leur faire savoir qu'il sait ?

Dans la culture politique camerounaise, où rien ne se dit jamais vraiment par hasard au sommet de l'État, la question mérite d'être posée.

Le mot Kondengui prononcé par le président lui-même change tout. Ce n'est pas un observateur extérieur ni un opposant qui évoque la prison pour Ngoh Ngoh — c'est Paul Biya en personne, selon ces révélations. Dans l'histoire politique du Cameroun, cette prison a accueilli des ministres, des hommes d'affaires, des barons du régime tombés en disgrâce. L'opération Épervier y a envoyé des noms qui semblaient hier intouchables.

Si Paul Biya a effectivement prononcé ces mots, le message est d'une clarté absolue : personne n'est au-dessus du Président. Pas même ceux qui pensaient l'avoir dépassé.

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