À l’approche de la visite du Pape Léon XIV et de la 54e édition de la Fête de l’unité du Cameroun du 20 mai, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, sur instruction du chef de l’État, a présidé, le 02 avril 2026 à Yaoundé, une réunion d'évaluation sécuritaire, en présence du Minat, du DGSN, ainsi que de hauts responsables civils et militaires.
À quelques jours de la visite du Pape Léon XIV, prévue du 15 au 19 avril prochain avec les étapes à Yaoundé, Douala et Bamenda, et en prélude à la célébration de la 54e édition de la fête de l’Unité, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense (Mindef), a tenu une réunion d’évaluation sécuritaire spéciale, pour passer en revue les dispositifs prévus pour encadrer ces deux événements d’envergure. Le constat veut que la visite du Souverain Pontife, revêt une importante et considérable dimension à la fois spirituelle, diplomatique et pastorale, non seulement pour les millions de catholiques camerounais, mais aussi pour l'ensemble de la Nation, avec à la clé, le rayonnement international du Cameroun.
La mobilisation de foules considérables dans des espaces ouverts, la sécurisation des déplacements de Sa Sainteté le Pape Léon XIV et de sa suite, la coordination avec les services de sécurité du Vatican et les partenaires internationaux : autant de dimensions que les travaux de la réunion d’évaluation sécuritaire ont traité. Dans le cadre de cette visite, un accent particulier a été mis sur l'étape de Bamenda, prévue le jeudi 16 avril 2026. Elle intervient, en effet, dans le contexte sécuritaire particulier lié à la crise des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Nos Forces devront garantir, dans cette ville, un déroulement serein et parfaitement sécurisé de la visite papale. L’événement en préparation impose à nos Forces sur ce théâtre un niveau de vigilance et de préparation maximal, sans complaisance ni faille », a recommandé le Mindef, dans son allocution d’ouverture.
S’agissant de la célébration de la 54e édition de la fête de l’Unité, l’orateur a félicité l'ensemble des Forces pour la couverture sécuritaire de la 14ème Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du Commerce, tenue à Yaoundé du 26 au 29 mars dernier. Il a fait remarquer que cet événement d'envergure planétaire s’est déroulé dans d’excellentes conditions de sécurité grâce au dispositif rigoureux mis en place par les Forces de Défense et de Sécurité, en parfaite synergie avec les normes et exigences propres à l’OMC en la matière. Pour le Mindef, le Cameroun a démontré, une fois de plus, sa capacité et sa maîtrise dans la sécurisation des grands rendez-vous internationaux. « Cette réussite doit nous inspirer et servir de référence pour les défis similaires à venir », a-t-il précisé.
Par la suite, M. Beti Assomo a dressé un panorama succinct de la situation sécuritaire nationale telle qu'elle se présente à ce jour, afin de mieux fixer le contexte des travaux de Yaoundé. Ainsi, de profondes analyses ont été faites sur la situation dans la Région de l’Extrême-Nord, où la menace terroriste liée aux factions Boko Haram et ISWAP demeure persistante. Du côté des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la menace séparatiste est de plus en plus circonscrite grâce au courage, à la bravoure et au professionnalisme des Forces de défense et de sécurité, qui mènent des opérations de ciblage et des raids réguliers contre les bastions terroristes.
Quant à la frontière est du pays, les activités des groupes rebelles centrafricains 3R et la recrudescence des enlèvements maintiennent une pression sécuritaire constante. Dans les régions de l’Adamaoua et du Nord, les phénomènes de prise d’otages assortis de demandes de rançon, du vol de bétail, d’assassinat de bergers, les trafics divers de minerais à haute valeur stratégique dans l’arrondissement de Galim Tignère, constituent un point d’attention pour les Forces de Défense et de Sécurité. Dans la Région du Littoral, qui appelle un suivi particulier en raison de la densité de sa population et du caractère volatile du sentiment sécuritaire, la période postélectorale a nécessité un déploiement renforcé des diverses forces.
Le séjour à Nkongsamba, département du Moungo, et à Douala, Département du Wouri, respectivement les 31 décembre 2025 et 1er janvier 2026, a conforté les autorités sécuritaires dans le retour au calme dans cette partie du territoire après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. L’espace maritime n’est pas en reste. La situation sécuritaire maritime reste robuste et la situation est globalement sous contrôle. Aux frontières avec le Congo-Brazzaville et la Guinée Équatoriale, la situation y est calme et normale. Au niveau de la Frontière avec le Nigéria, la situation y demeure volatile. Des renseignements signalent en effet une intensification des mouvements de l'ISWAP dans le secteur de Kalabalgue, en territoire nigérian. À la frontière avec le Tchad, la situation s’est quelque peu dégradée du fait des répercussions de la guerre civile au Soudan.
En outre, les travaux ont également examiné la question du renforcement du lien Armée-Nation, dans le contexte de la période post-électorale du 12 octobre 2025. En effet, des incidents isolés, charriés par de malheureux et inciviques comportements individuels, ont quelque peu altéré cette relation de confiance.
« Il nous appartient collectivement d'en tirer les leçons pour resserrer davantage le précieux lien armée-nation. Les Camerounais, c’est connu, font confiance à leurs Forces de défense et de sécurité. Cette confiance est un capital précieux, forgé dans la durée par le solide dévouement et le professionnalisme exemplaire de nos personnels. Elle doit jalousement être consolidée sans cesse. Chaque citoyen doit se sentir pleinement rassuré à la vue d'un béret de nos forces, qu'il soit vert, rouge, bleu ou noir. Chacune de ces couleurs incarne une mission distincte, mais toutes convergent vers la même finalité : assurer l’intégrité territoriale de l’État, garantir sa souveraineté, protéger les personnes et leurs biens, en toute légalité, dans l'honneur et la fidélité, conformément à la devise de nos forces de défense », a souligné l’ex-gouverneur du Littoral.
Lors des échanges à huit clos, chacun des chefs militaires présents était appelé à présenter devant le Haut Commandement militaire, les secrétaires d'État à la défense et le Mindef, la situation sécuritaire, politique et économique de sa zone de responsabilité. Ces exposés ont nourri un brainstorming fécond permettant la prise de mesures appropriées pour que les Forces de défense et de sécurité continuent à accomplir leur mission avec le niveau d'excellence et de professionnalisme que la Nation attend d'elles. L'état des lieux issu de ces assises est d’habitude adressé par des mécanismes et canaux appropriés, à la Très haute attention du président de la République, chef des forces armées, Paul Biya. La réunion s'est terminée par une photo de famille des responsables présents.