Le diplomate camerounais dénonce des informations « erronées » annonçant la nomination du fils du président Paul Biya au poste de vice-président. Aucune nomination officielle n'a encore été faite.
Le consul du Cameroun à Nairobi, Vivian Nain Kuma, a exigé des excuses publiques de plusieurs médias kényans pour avoir relayé ce qu'il qualifie d'informations « erronées » sur une prétendue nomination de Franck Emmanuel Biya, fils du président Paul Biya, au poste de vice-président de la République et chef des forces armées. Dans un communiqué signé le 7 avril, le diplomate affirme avoir pris acte « avec une grande préoccupation » des publications diffusées les 6 et 7 avril.
Sont notamment visés la Kenya Broadcasting Corporation (KBC), Tuko, Nation FM Kenya, Kenya Times, Star Kenya, Signs TV et Weru TV. Selon le consul, ces médias ont relayé une information inexacte en affirmant que le chef de l'État camerounais aurait nommé son fils au nouveau poste de vice-président. « Je tenais à déclarer que le poste de vice-président a été créé mais que jusqu'à présent, personne n'a été nommé », écrit Vivian Nain Kuma, appelant les médias concernés à « corriger leur erreur immédiatement » et à présenter leurs excuses.
Cette mise au point intervient quelques jours après l'adoption au Cameroun d'une réforme constitutionnelle réintroduisant la fonction de vice-président. Le texte a été approuvé par le Parlement réuni en congrès le 4 avril 2026, mais à ce stade, aucune nomination officielle à ce poste n'a été annoncée par la présidence camerounaise. La rumeur, partie sur les réseaux sociaux, a pris une ampleur inattendue en se propageant jusque dans les médias internationaux.
Les médias kényans blâmés ne sont pas les seuls à avoir publié cette information. Le 7 avril, Africanews, une chaîne de télévision panafricaine propriété d'Euronews, a également annoncé la nomination de Franck Biya à la vice-présidence du Cameroun avant de supprimer l'article, deux heures plus tard, de son site internet. Un signal d'alerte sur la circulation rapide des fausses informations dans un contexte politique camerounais marqué par les spéculations autour de la succession de Paul Biya.
Alors que le poste de vice-président vient tout juste d'être créé, les spéculations sur l'identité du futur dauphin du chef de l'État vont bon train. Plusieurs noms circulent, dont celui de Franck Biya, mais aussi ceux de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, ou encore du ministre de la Justice, Laurent Esso. En attendant une éventuelle nomination, le consul de Nairobi a tenu à rétablir la vérité : personne n'a encore été choisi.