Selon les informations exclusives de Jeune Afrique, l'activation imminente de la Haute Cour de justice pourrait relancer les affaires les plus sensibles du régime, dont le Covidgate et le CANgate. Le nom du ministre de la Santé, Manaouda Malachie, est cité. Un signal fort de Paul Biya à ses propres barons.
L'activation de la Haute Cour de justice, sur laquelle planchent actuellement les stratèges de Paul Biya et le ministre de la Justice Laurent Esso, pourrait bien être l'événement judiciaire majeur de la fin du règne. Jeune Afrique révèle que plusieurs dossiers ultrasensibles, restés en sommeil, pourraient être réveillés par cette instance chargée de juger le président et les membres du gouvernement pour « haute trahison » ou infractions commises dans l'exercice de leurs fonctions.
Au premier rang de ces affaires figure le « Covidgate ». Selon Jeune Afrique, plusieurs rapports d'audit ont mis en évidence des irrégularités dans la gestion des fonds mobilisés pour la riposte contre la pandémie, notamment sur l'attribution de marchés publics et la traçabilité des ressources exceptionnelles. Le nom du ministre de la Santé, Manaouda Malachie, a été cité dans ces soupçons de malversations. L'activation de la Haute Cour pourrait permettre de rouvrir ce dossier et d'enfin établir des responsabilités.
Autre dossier explosif : le « CANgate ». Jeune Afrique rappelle que des controverses ont entouré certains investissements réalisés dans le cadre de la Coupe d'Afrique des nations 2021. Des procédures judiciaires ont été ouvertes, notamment au tribunal de commerce de Paris, mais la vérité tarde à éclater. L'activation de la Haute Cour pourrait donner une nouvelle impulsion à ces enquêtes, au grand dam des responsables mis en cause.
Une activation de la Haute Cour serait également le signal d'une relance de l'opération Épervier, le vaste programme de lutte contre la corruption engagé dans les années 2000. Jeune Afrique souligne que cette opération avait conduit à la condamnation de plusieurs anciens hauts responsables politiques et administratifs. Son redéploiement, couplé à la mise en route de la Haute Cour, enverrait un message fort aux barons du régime : personne n'est intouchable.
Reste à savoir si Paul Biya ira jusqu'au bout de cette logique. Jeune Afrique note qu'au sein des cercles du pouvoir, les lectures divergent sur le tempo à donner à l'activation. Certains caciques, conscients des risques, plaident pour un calendrier différé. Mais le chef de l'État, qui a déjà montré sa détermination en écartant Cavayé Yéguié Djibril et Marcel Niat Njifenji, pourrait bien surprendre. Une chose est sûre : la Haute Cour de justice, si elle est activée, deviendrait l'épée de Damoclès suspendue au-dessus des têtes des plus hauts responsables du régime.