SCANDALE : Un gendarme disparaît avec près d'un milliard FCFA en pleine visite du Pape

Gendarmerie Bagnole Image illustrative

Sat, 18 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Le Cameroun vit en ce moment sous les projecteurs de la visite historique du Pape Léon XIV. Mais pendant que le monde regardait la papamobile traverser les rues de Yaoundé et Bamenda, un scandale d'une gravité exceptionnelle couvait dans les rangs de la Gendarmerie Nationale : un militaire en tenue a neutralisé ses collègues, dérobé une somme colossale et pris la fuite. Il court toujours.

Le gendarme Bassong Youdy Gabriel, affecté à l'Escadron Régional d'Intervention du Littoral, faisait partie d'une escorte officielle chargée du transport de fonds entre Kribi et Yaoundé. Une mission de confiance, confiée à des hommes censés être au-dessus de tout soupçon. Mais le 10 avril, tout bascule. En complicité avec des complices dont l'identité n'a pas encore été rendue publique, Bassong Youdy Gabriel neutralise ses propres collègues — ses frères d'armes, les hommes avec qui il partageait la mission — avant de s'emparer d'une somme estimée à près d'un milliard de FCFA.

Depuis ce 10 avril, le gendarme est porté disparu. Malgré une chasse à l'homme lancée immédiatement par les autorités militaires et judiciaires, aucune information fiable sur sa localisation n'a filtré à ce jour. Il demeure introuvable.

Ce qui rend ce scandale particulièrement humiliant pour l'institution militaire camerounaise, c'est son timing. Les faits se sont produits en pleine semaine de préparatifs de la visite papale — une période où l'ensemble de l'appareil sécuritaire camerounais était mobilisé, tendu et sous haute surveillance internationale. Qu'un gendarme ait pu profiter de ce contexte pour commettre un tel acte et disparaître dans la nature sans laisser de traces dit quelque chose d'inquiétant sur les failles internes d'une institution pourtant réputée pour sa rigueur disciplinaire.

L'Escadron Régional d'Intervention du Littoral — unité d'élite dont Bassong Youdy Gabriel était membre — est précisément le type de corps auquel on confie les missions les plus sensibles, dont la sécurisation du transport de fonds. Que l'un de ses membres soit l'auteur du braquage qu'il était censé prévenir constitue une trahison institutionnelle d'une gravité rare.

Le détail le plus troublant de cette affaire réside dans la mention de complices. Bassong Youdy Gabriel n'a pas agi seul. La neutralisation de ses collègues et l'organisation de sa fuite avec une somme aussi importante supposent une préparation minutieuse, des complicités internes ou externes, et probablement un plan de sortie soigneusement élaboré à l'avance. Ce n'est pas un coup de folie spontané — c'est une opération planifiée, exécutée de l'intérieur d'une escorte sécurisée.

Qui sont les complices ? Comment ont-ils préparé leur coup ? Où sont-ils aujourd'hui ? Ces questions restent sans réponse, et leur résolution conditionnera l'issue d'une enquête qui promet d'être aussi embarrassante qu'urgente pour la hiérarchie militaire.

Dans un Cameroun qui vient de voir la Gendarmerie diligenter une enquête sur la coupure d'électricité au Palais des Congrès lors du Ballon d'Or, et où des officiers supérieurs font l'objet d'enquêtes pour des faits graves, l'affaire Bassong Youdy Gabriel s'ajoute à une liste de scandales internes qui fragilisent l'image d'une institution pourtant fondamentale à l'architecture sécuritaire du pays.

La chasse à l'homme est en cours. Mais chaque jour qui passe sans retrouver le fugitif est un jour de plus où près d'un milliard de FCFA de fonds publics reste entre des mains criminelles — et où la crédibilité de l'institution s'érode un peu plus.

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