C'est terminé. Ce samedi 18 avril 2026 à 12h47, l'avion du Pape Léon XIV a décollé de l'aéroport de Yaoundé en direction de Luanda, marquant la fin d'une visite apostolique de quatre jours qui restera gravée dans la mémoire collective du Cameroun et de l'Église catholique en Afrique. Le Souverain Pontife poursuit sa tournée africaine, survolant successivement le Cameroun, la Guinée Équatoriale, le Gabon et la République du Congo avant d'atteindre l'Angola en début d'après-midi.
Quelques minutes après le décollage du vol pontifical, le Président Paul Biya a choisi Facebook pour exprimer publiquement l'émotion de ce moment. Dans une publication sobre mais chargée de sens, le Chef de l'État camerounais a écrit : «Un moment de parfaite communion et de méditation ce jour, à l'occasion de la Messe Pontificale dite par Sa Sainteté le Pape Léon XIV, qui repart très reconnaissant de l'accueil, des moments de joie et de foi que nous avons vécus ensemble.»
Le hashtag #BiyaLeonXIV accompagnait la publication — une formule qui associe les deux noms dans l'histoire, celle d'un chef d'État de 92 ans et d'un Pape en voyage apostolique, réunis le temps d'une visite que beaucoup décriront comme l'un des événements les plus marquants du règne Biya.
Les mots choisis par Paul Biya sont révélateurs. «Parfaite communion», «méditation», «moments de joie et de foi» — un registre spirituel et intime, loin du langage politique habituel des communiqués présidentiels. Et cette précision — le Pape «repart très reconnaissant de l'accueil» — qui dit la fierté d'un hôte satisfait d'avoir, une dernière fois, reçu dignement sur la scène internationale.
En quatre jours de présence camerounaise, du 15 au 18 avril, le Pape Léon XIV a traversé le pays de Yaoundé à Bamenda en passant par Douala, laissant derrière lui une série de messages qui ont résonné bien au-delà des murs des cathédrales. Ses appels à la paix dans les régions anglophones, ses exhortations aux responsables publics à un «examen de conscience» sur leur gestion du bien commun, sa présence émouvante sur le tarmac réhabilité de l'aéroport de Bafut — fermé depuis huit ans pour cause de conflit — resteront les images fortes d'une visite que beaucoup espéraient porteuse de changements concrets.
Ses paroles sur la responsabilité des dirigeants avaient été accueillies «avec réserve dans certains cercles officiels», comme l'avait révélé Jeune Afrique. Mais elles avaient été entendues par des milliers de fidèles camerounais qui y cherchaient, peut-être naïvement, le début d'une réponse à des années de souffrance.
Le voyage apostolique du Pape Léon XIV ne s'arrête pas aux rives du Wouri. C'est désormais l'Angola qui accueille le Souverain Pontife pour la prochaine étape de sa tournée africaine. Luanda attend son hôte illustre comme Yaoundé l'a attendu — avec ferveur, espoir et la conscience que la voix du Pape porte, sur ce continent, un poids que peu d'autres voix peuvent revendiquer.
Le Cameroun, lui, reprend sa vie quotidienne. Avec, dans les yeux de ses millions de catholiques, les images d'une visite historique. Et dans les couloirs du pouvoir, les questions sans réponse que cette visite a laissées en suspens — sur la paix anglophone, sur la gouvernance, sur l'avenir d'un pays à la croisée des chemins.