La guerre des mots autour de la formation du gardien de but de Manchester United, André Onana, à l'académie Fundesport de Samuel Eto'o en Espagne vient de connaître un rebondissement inattendu — et particulièrement gênant pour la famille Onana. Lors d'un live TikTok, le portier international camerounais a lâché une phrase qui dynamite la version officielle de son frère aîné : «Je n'ai jamais dit que j'avais payé pour ma formation à Fundesport.» Une déclaration lapidaire qui ouvre un gouffre béant entre les deux frères — et qui remet complètement en question la communication soigneusement orchestrée autour des origines du gardien le plus cher d'Afrique.
Car le contraste avec la déclaration de Christian Onana ne pourrait pas être plus saisissant. Dans une interview accordée à Equinoxe TV, le frère aîné d'André avait affirmé avec une assurance qui n'admettait aucun doute : «Onana ne doit rien à personne. À la Fundesport, sa formation était payée, la famille se chargeait de payer tout ce qui était demandé. Personne ne l'a aidé à arriver où il se trouve aujourd'hui. C'est un garçon qui n'est pas ingrat.» Une mise au point que beaucoup avaient interprétée à l'époque comme une réponse directe aux déclarations de Samuel Eto'o, affirmant avoir tout financé. Sauf que cette version-là vient de s'effondrer sous les mots d'André Onana lui-même.
Car Samuel Eto'o avait été le premier à poser les termes du débat. Le président de la FECAFOOT et patron de Fundesport avait déclaré sans détour sur Info TV qu'«André Onana n'avait même pas de quoi manger, encore moins payer sa formation. Tout était gratuit.» Une affirmation que Christian Onana avait catégoriquement démentie — mais qu'André Onana, lui, ne dément pas. En déclarant qu'il «n'a jamais dit avoir payé», le portier de Manchester United valide implicitement la version d'Eto'o et invalide celle de son propre frère. Un retournement de situation qui soulève des questions profondes sur la nature de la querelle entre les deux hommes — une querelle qui, selon les propres mots d'André Onana lors de son live TikTok, oppose non pas deux institutions mais «un individu qui utilise la FECAFOOT pour régler ses comptes».
La contradiction entre les deux frères Onana est désormais publique, documentée et difficile à ignorer. Deux versions irréconciliables : d'un côté, Christian qui dit que la famille a tout payé et qu'André ne doit rien à personne ; de l'autre, André lui-même qui dit n'avoir jamais prétendu avoir payé — ouvrant ainsi la porte à la possibilité que sa formation ait effectivement été prise en charge par Eto'o et la Fundesport. Pour une grande partie de l'opinion camerounaise, la parole du joueur — directement concerné, sous serment de ses propres déclarations publiques — apparaît naturellement plus crédible que celle d'un frère peut-être davantage animé par une fierté familiale que par un souci de vérité factuelle.
Au fond, cette affaire dépasse le simple débat sur une formation sportive. Elle dit quelque chose d'essentiel sur les enjeux de reconnaissance, de gratitude et d'orgueil qui traversent le football camerounais — et sur la manière dont une querelle personnelle entre deux géants du football africain, Onana et Eto'o, finit par éclabousser une famille entière. Qui dit vrai ? André a donné sa réponse. Christian devra désormais expliquer la sienne.