Biya crée un administrateur dont la légitimité vient exclusivement de lui
La nomination de Tsimi Antoine au sein de la SOCADEL est perçue comme un acte hautement politique. Cette décision envoie un message direct à Ferdinand Ngoh Ngoh, rappelant que le pouvoir de décision reste entre les mains du président Paul Biya, capable de réhabiliter ceux qui ont été écartés. Cette nomination est également présentée comme un moyen pour Biya de garder le contrôle sur un secteur stratégique, celui de l’électricité, en plaçant une personnalité qui lui est personnellement loyale. Il s’agirait d’un choix visant à assurer une surveillance politique et à éviter que cet actif majeur ne tombe sous l’influence d’autres cercles de pouvoir.
Mon point de vue aux nominations à la SOCADEL: un nom qui parle plusieurs langues celle de Tsimi Antoine.
Le signal à Ferdinand Ngoh Ngoh
C’est le plus subtil et peut-être le plus important. Rappelons-nous c’est Ngoh Ngoh lui-même qui avait bloqué le projet de carrière de gravier de Ntsimi à Nkom Ndamba en 2013. Un homme puissant qui humilie un ancien ministre en l’empêchant d’exploiter un bout de terrain dans son propre village.
Aujourd’hui, Biya relève Ntsimi et le place personnellement dans le CA de la plus grande entreprise électrique du pays. Le message à Ngoh Ngoh est chirurgical : “Je nomme encore. C’est encore moi qui décide. Et ceux que tu as écrasés, je peux les relever.”
C’est une piqûre de rappel sur qui détient encore l’autorité réelle. Ngoh Ngoh a beau être le SG de la présidence le poste le plus puissant de l’ombre Biya lui rappelle qu’il n’est pas le successeur désigné.
La renationalisation d’ENEO et la création de la SOCADEL représentent une active stratégique colossale électricité, infrastructures, contrats. Qui contrôle l’électricité au Cameroun contrôle une part énorme de l’économie.
En plaçant sa propre personnalité dans ce CA pas un représentant de la Présidence au sens institutionnel, mais une personnalité en propre, Biya crée un administrateur dont la légitimité vient exclusivement de lui. Pas de Chantal. Pas du clan familial. Pas de Franck Biya.
C’est peut-être un garde-fou : “Cet actif ne vous appartient pas automatiquement.
Tsimi est un homme du Président, pas un homme du système. Il n’est redevable qu’à Biya. Dans un CA où siègent aussi des représentants de la Présidence et du Premier Ministre donc potentiellement des hommes de Ngoh Ngoh ou du gouvernement avoir un administrateur dont la fidélité est personnelle et directe au Chef de l’État, c’est un œil et une oreille de Biya dans la maison. Ce n’est pas une nomination de gouvernance. C’est une nomination de surveillance politique.
Ahket Kemi Muanda Ndzie