EXPLOSIF : Comment le juge Misse Njone a causé la mort du prisonnier politique Patrick Ndangoh

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Tue, 12 May 2026 Source: www.camerounweb.com

Scandale judiciaire au Cameroun : le magistrat Misse Njone Jacques Baudouin, président du Tribunal militaire de Yaoundé, est au cœur d’une affaire macabre et inacceptable. Accusé d’avoir exigé et perçu 3 millions de FCFA pour la libération de Patrick Ndangoh, un détenu politique anglophone atteint d’un cancer en phase terminale, il aurait finalement condamné l’homme à 10 ans de prison après avoir empoché l’argent, le laissant mourir en détention. Une tragédie humaine qui révèle l’ampleur de la corruption et de l’injustice au sein du système judiciaire camerounais.



​C'est une histoire qui arrache des larmes . Une affaire qui dépasse l'entendement. Au sein de l'administration camerounaise, et plus précisément dans le milieu judiciaire, sévissent des individus dénués de cœur et d'humanisme, s'enrichissant sur le sang des opprimés. Parmi eux, le magistrat Misse Njone Jacques Baudouin, président du Tribunal militaire de Yaoundé. Ce juge, tristement célèbre pour ses procès iniques, portera éternellement sur sa conscience la mort du détenu anglophone Patrick Ndangoh.

​Un marchandage sordide sur fond de maladie terminale

​Patrick Ndangoh, prisonnier politique de la crise anglophone, s'est éteint le week-end dernier à la prison principale de Kondengui, faute de prise en charge médicale. Atteint d'un cancer diagnostiqué huit mois avant son décès, il avait supplié le président du Tribunal militaire de lui accorder une mise en liberté pour se faire soigner.

​En réponse, le magistrat-colonel Misse Njone Baudouin a cyniquement admis auprès des proches que le dossier de Patrick était vide, mais a exigé 4 millions de FCFA pour sa libération. Après négociation, la somme de 3 millions de FCFA a été arrêtée et lui a été remise en main propre, dans son bureau à Yaoundé, le 19 mars 2026.

​Une fois l’argent empoché, au lieu de libérer cet homme à l'article de la mort, Misse Njone a simplement réduit sa peine à 10 ans de prison. Il a condamné un malade en phase terminale à finir ses jours derrière les barreaux, ignorant même les alertes du régisseur de Kondengui qui prévenait que sans soins spécialisés, l'issue serait fatale. Le juge a préféré encaisser l'argent et laisser l'homme expirer.

​Portrait d'un homme brisé par le système

​Patrick Ndangoh n’était ni un criminel, ni un homme sans importance. Entrepreneur respecté à Bamenda, il était le propriétaire du supermarché Manasata. Ancien conseiller municipal du SDF, il était une voix écoutée et un chef d’entreprise honnête qui faisait la fierté de sa communauté.

​Son calvaire commence en octobre 2016. Arrêté arbitrairement sous un faux prétexte d’escroquerie, il est transféré au SED à Yaoundé où il subit des sévices inhumains. Très vite, l'accusation se transforme en « terrorisme ». Il passera près de 10 ans dans les geôles de Kondengui avant d'y rendre l’âme.

​Une machine à extorquer

​Lors de ma propre détention, Patrick m’avait confié que l’ancienne présidente du tribunal, Mme Abega (épouse de l’ex-patron de la DGRE, Maxime Eko Eko), lui avait déjà réclamé 10 millions de FCFA. Par principe, il avait refusé de payer et avait cessé d'assister aux audiences, ce qui lui avait valu une condamnation par contumace à 20 ans de prison.

​C’est en faisant opposition à ce jugement que son dossier est tombé entre les mains de Misse Njone. Ce dernier, plutôt que de réparer l'injustice, a choisi de monnayer une clémence de façade pour 3 millions de FCFA, tout en maintenant Patrick dans une cellule qui est devenue son tombeau.

​Voilà le visage de certains magistrats véreux qui détruisent des vies et souillent la justice camerounaise.

Paul Chouta

Source: www.camerounweb.com