Un arrêté n°01459 du ministre Henri Eyebe Ayissi, datée du 30 avril 2026 à Yaoundé, alimente un nouveau débat sur la gestion foncière au Cameroun. Dans ce document du Mindcaf, l’on apprend qu’« est modifié et complété l’article 3 de l’arrêté n°000030/Y.7/Mindcaf/SG/D6 du 07 janvier 2016, constatant la nullité d’ordre public du titre foncier n° 23105/Mfoundi et ses morcellements subséquents ». L’arrêté signé d’Eyebé Ayissi va plus loin.
D’après son article 3 (nouveau), la parcelle de terrain d’une superficie de 57 hectares à défalquer du titre foncier ° 23105/Mfoundi, réintègre le domaine national, et pourra faire l’objet d’une nouvelle immatriculation au profit des véritables détenteurs des droits réels. L’arrêté du Mindcaf précise que la parcelle restante du titre foncier n° 23105/Mfoundi d’une superficie de 231 hectares, réintègre l’assiette foncière du titre foncier n°017336/Mfoundi appartenant à l’Etat du Cameroun.
Le même 30 avril 2026, Henri Eyebé Ayissi écrit au délégué départemental des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, (à l’attention du Conservateur foncier du Mfoundi A et du chef service départemental du Cadastre du Mfoundi), au sujet de la requête aux fins de réécriture de l’article 3 de l’arrêté n°000030/Y.7/Mindcaf/SG/D6 du 07 janvier 2016, constatant la nullité d’ordre public du titre foncier n° 23105/Mfoundi A et ses morcellements subséquents.
« Faisant suite à la requête par laquelle monsieur Etoundi Jacques, représentant de la succession Nkoudou Luc m’a saisi au sujet de l’affaire reprise en objet, j’ai l’honneur de vous faire connaître que, par arrêté pris ce jour, j’ai modifié et complété l’arrêté n°000030/Y.7/Mindcaf/SG/D6 du 07 janvier 2016, constatant la nullité d’ordre public du titre foncier n° 23105/Mfoundi et ses morcellements subséquents. Il en résulte que : la parcelle de terrain d’une superficie de 57 hectares à défalquer du titre foncier n° 23105/Mfoundi réintègre le domaine national, et pourra faire l’objet d’une nouvelle immatriculation au profit des véritables détenteurs des droits réels ; la parcelle restante du titre foncier n°23105/Mfoundi d’une superficie de 231 hectares réintègre l’assiette foncière du titre foncier n°017336/Mfoundi appartenant à l’Etat du Cameroun. », peut-on y lire.
De quoi s’agit-il en réalité ? Selon nos enquêtes, le titre foncier n°23105 du 07 janvier 2016 représentant une superficie de 57 hectares au lieu-dit Olembe Yaoundé a fait l’objet de plusieurs décisions de justice jusqu'à la Cour suprême, donnant gain de cause à la famille Mbeng Raphaël et consorts. Mais visiblement, le Mindcaf ne veut pas lâcher prise. Un peu comme dans les affaires Dikolo, l’affaire des 455 000 hectares à Nanga Eboko, ou encore les 700 hectares de la communauté Yenono dans l’arrondissement de Mengang, sans oublier l’affaire des Chinois dans la vallée du Ntem.
Dans le cas du terrain d’Olembé, des sources concordantes accusent les enfants du ministre Henri Eyebé Ayissi, notamment Serge Eyebe en service à l’hôpital de référence de Sangmelima résidant au quartier Dragages, et Eyebe Henri alias « Jojo » vivant au Canada, de faire pression sur leur ministre de père, à l’effet de leur céder ce terrain. En effet, rapportent d’autres sources proches de ce dossier, victimes de la rétrocession de 100 hectares dans le même quartier Olembé d’un terrain appartenant au ministère des Sports et de l’Education physique, les deux fils du ministre Eyebe Ayissi n’ont pas encore avalé cette pilule amère.
C’est ainsi que les règles du droit foncier vont être bafouées, des décisions non étudiées et élucidées vont être prises, ceci au mépris de la réglementation foncière. D’après certaines sources bien introduites au sein du ministère des Domaines, du Cadastre et Affaires foncières, les fils du Mindcaf ne reculent devant rien pour dicter leur loi. « N’importe quel dossier foncier aussi délicat qu'il soit, est traité dans les 48 heures, si c’est un des fils d’Eyebe Ayissi qui le suit, à hauteur des centaines de millions.
Une mal gouvernance criarde confondue entre incompétence, quête du trésor de guerre, corruption spirituelle, prévision des vieux jours au cas où on est limogé au prochain gouvernement », confie une source sous anonymat au Mindcaf. Selon plusieurs juristes, cette multiplication d’actes administratifs peut créer une véritable insécurité foncière pour les citoyens. On croyait closes, les attitudes d’atermoiement du Mindcaf, qui prend des décisions et se dédit par la suite. Que nenni ! Elles semblent plutôt se bonifier au fil du temps. La Cour suprême, lors de sa rentrée solennelle, avait déjà alerté sur les dérives possibles dans la gestion des litiges fonciers.