'Les outils changent. La méthode, elle, ne change pas. Et l'homme qui tire les ficelles non plus'
L’influence présumée de certains médias et journalistes proches de Samuel Eto'o dans le football camerounais est de plus en plus décriée. Depuis 2014, un réseau médiatique composé notamment de Guy Bertin Nsigue, de RSI, de Mboafootball et aujourd’hui de Kamerfoot servirait à défendre les intérêts de Samuel Eto'o et à attaquer ses adversaires. Ces plateformes auraient été utilisées contre plusieurs personnalités du football et des institutions camerounaises, notamment le professeur Joseph Owona, Joseph-Antoine Bell, André Onana ou encore le ministre des Sports. Le président de la FECAFOOT, Samuel Eto'o continue de s'appuyer sur des relais médiatiques fidèles pour influencer l'opinion publique et mener ses combats dans le paysage footballistique camerounais.
Kamerfoot, RSI, Guy Bertin Nsigue : Les soldats de l'ombre de l'Empereur Samuel 1er
Derrière chaque pouvoir qui se maintient, il y a des hommes qui écrivent ce qu'on leur demande d'écrire. Voici comment le système médiatique de Samuel Eto'o fonctionne et depuis combien de temps.
Pour comprendre pourquoi Samuel Eto'o, a tout mélangé dans sa dernière publication et a parlé du SED concernant, Guy Bertin Nsigue, il faut remonter à 2014, en pleine normalisation dirigé par le professeur Joseph Owona.
2014 : LE POINT DE DÉPART DE TOUT
Nous sommes en 2014. Le Cameroun vient de vivre l'une des pages les plus sombres de son histoire footballistique : une débâcle retentissante à la Coupe du Monde au Brésil 2014, sous le capitanat de Samuel Eto'o lui-même, doublée du tristement célèbre scandale des "sept pommes pourries" ces joueurs accusés d'avoir empoisonné l'ambiance au sein du vestiaire des Lions Indomptables et accusés de Trucage de match en pleine coupe du monde.
Le football camerounais est en crise. Les institutions tentent de reprendre la main. Le Comité de Normalisation de la FECAFOOT, présidé par le Professeur Joseph Owona et dont le Professeur Adolphe Mikoa She est membre, est à pieds d'œuvre pour remettre de l'ordre dans la maison.
C'est précisément à ce moment que Guy Bertin Nsigué entre en scène.
UN JOURNALISTE, DEUX CASQUETTES, UNE SEULE MAIN QUI TIRE LES FICELLES
À l'époque, Guy Bertin Nsigue occupe une position stratégique : il est à la fois en service à Radio Sport Info (RSI) — la radio de Samuel Eto'o et Directeur de Publication du média sportif en ligne Mboafootball.
Double casquette. Double audience. Double impact.
Et c'est depuis ces deux tribunes que, à la demande explicite de Samuel Eto'o et ce depuis le président Iya Mohamed, Guy Bertin Nsigue va pondre une série d'articles au vitriol ciblant le Professeur Joseph Owona. Des textes d'une violence éditoriale remarquable, dans lesquels il soutient notamment que le pouvoir du Professeur Owona est "très amoindri" arguant que cet "élite du Sud" et "ancien Vice-Président", comme il aimait se présenter, n'avait même pas été convié aux obsèques de la belle-mère du Président Paul Biya, Mama Rosette.
« Le fait qu'il n'y ait pas été convié prouve qu'il est fini », écrit-il.
Une phrase. Un homme de médias au service d'un agenda personnel. Et une plainte déposée par le Professeur Joseph Owona contre Guy Bertin Nsigue élément déclencheur direct de toute la séquence judiciaire qui s'ensuivit. Guy Bertin Nsigue sera interpellé devant le Secrétariat d'État à la Défense (SED).
LE MESSAGE CODÉ DE L'EMPEREUR : RÉGLER SES COMPTES DEPUIS UNE PUBLICATION DU DIMANCHE
Des années plus tard, dans sa publication récente saluant Guy Bertin Nsigue, l'Empereur Samuel 1er écrit avec une satisfaction à peine voilée :
« En seulement deux mois, 'l'illettré' a trouvé une solution à un problème que de grands professeurs n'avaient jamais réussi à résoudre. L'Assemblée générale de 2009 a finalement été rattrapée par les faits. »
Derrière la formule, il y a un règlement de comptes posthume. Le terme "grands professeurs" ne vise pas des inconnus. Il vise nommément le Professeur Joseph Owona aujourd'hui décédé, ancien Président du Comité de Normalisation de la FECAFOOT, et père du Professeur Mathias Eric Owona Nguini, qui bouffe depuis quelques jours, la tontine de la part de la meute cybernétique, non pas de la Fécafoot, encore moins du Football camerounais, mais de l'Empereur Samuel 1er.
S'en prendre publiquement, par texte interposé, à la mémoire d'un défunt pour marquer un point dans une guerre d'ego institutionnelle : voilà jusqu'où va l'Empereur Samuel 1er.
KAMERFOOT : LE BRAS ARMÉ MÉDIATIQUE DE L'EMPEREUR
Mais Guy Bertin Nsigue n'a pas raccroché sa plume après 2014. Bien au contraire.
Il est aujourd'hui le promoteur de la page « Kamerfoot Officiel » et quiconque suit de près l'actualité du football camerounais sait exactement ce que cette page représente : le bras séculier médiatique de la FECAFOOT d'Eto'o, mobilisé contre tous ceux qui osent s'opposer à l'empereur.
Il suffit de parcourir les publications de Kamerfoot pour comprendre le mode opératoire :
-André Onana attaqué, décrédibilisé, présenté comme un problème
-Les Lions Indomptables, critiqués, déstabilisés depuis l'extérieur au moment même où ils en ont le plus besoin
-Joseph Antoine Bell, l'une des voix les plus lucides du football camerounais, systématiquement ciblée
-Geremi Njitap,
-Le Ministre des Sports, Professeur Narcisse Mouelle Kombi, représentant de l'État, donc ennemi à abattre dans cette guerre par procuration
-Ou tout récemment Carlos Baleba, jeune talent qui paie lui aussi le prix de ses prises de position
Et les rédacteurs de Kamerfoot ? Ils sont de tous les voyages des Lions Indomptables. Accrédités. Présents. Aux premières loges. Non pas pour informer, mais pour surveiller, orienter et attaquer selon les consignes reçues.
LE SYSTÈME DANS TOUTE SA COHÉRENCE
Ce que révèle cette chronologie est d'une clarté implacable.
Depuis 2014, le système est le même : des médias au service d'un homme, des plumes mobilisées contre ses ennemis, des accréditations utilisées comme armes politiques.
RSI hier et aujourd'hui. Mboafootball hier. Kamerfoot aujourd'hui.
Les outils changent. La méthode, elle, ne change pas. Et l'homme qui tire les ficelles non plus.
Quand Samuel Eto'o pleure publiquement l'exil de Guy Bertin Nsigue, il pleure l'exil de l'un de ses soldats les plus fidèles. Un soldat qui a attaqué des professeurs à sa demande, qui a géré des médias à son service, et qui continue depuis l'étranger à faire le travail qu'on lui a toujours demandé de faire. Ce n'est pas de l'amitié. C'est de la loyauté organique entre un général et ses troupes.
Shance Lion