Vice-Présidence : Jeune Afrique révèle la précampagne secrète de Motaze

MOTAZE BIYAAA Image illustrative

Tue, 23 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Il y a des campagnes officielles — bruyantes, affichées, revendiquées. Et il y a celles de Louis Paul Motaze — discrètes, méthodiques, enveloppées dans le protocole d'un ministre en déplacement officiel. C'est cette précampagne silencieuse pour la Vice-Présidence de la République que Jeune Afrique révèle en exclusivité dans son édition du 19 juin 2026. Et elle commence à Sangmelima — capitale du département du Dja-et-Lobo, dans le Sud — région natale de Paul Biya et territoire symbolique par excellence pour quiconque veut envoyer un message au Président.

Jeune Afrique révèle la scène avec une précision documentaire qui dit la qualité de ses sources. À la sortie d'une messe d'action de grâce dédiée à Paul Biya, tenue près de Sangmelima, Louis Paul Motaze — «chemise décontractée» — multiplie devant une assistance composée «en grande partie de jeunes Camerounais» les hommages au Chef de l'État : «un homme touché par une grâce exceptionnelle et qui dépasse l'âge biblique». Et Jeune Afrique note avec une clarté d'analyste : «le décor, le ton et la mise en scène n'ont rien d'anodin».

Présent dans le Sud natal de Biya. En tenue décontractée — pas la cravate du ministre des Finances mais la chemise de l'homme du peuple. Devant des jeunes. En train de célébrer Paul Biya dans une messe d'action de grâce. Chaque détail de cette apparition est une phrase politique. Et la phrase qu'elle dit est limpide : «Je suis là, je suis du sérail, je suis ancré dans ce territoire qui compte pour vous, et je respecte celui qui vous gouverne.»

Jeune Afrique révèle l'architecture complète de la stratégie de Motaze — et elle couvre le Cameroun des deux bouts. Dans le Sud, le ministre entretient des liens «privilégiés avec Bonaventure Mvondo Assam, le neveu du Chef de l'État, et Cathy Meba, la fille du frère cadet de Paul Biya». Deux connexions dans la famille présidentielle élargie — qui lui donnent un ancrage dans le clan bulu que peu de candidats extérieurs peuvent revendiquer.

Dans les régions du Nord, la stratégie est différente mais tout aussi calculée. Motaze «s'efforce de s'appuyer sur les origines septentrionales de son épouse pour s'y présenter comme un «fils adoptif»». Une identité d'adoption — construite sur des années de présence, de démarches auprès des chefferies, de fréquentation des lamidos. À Ngaoundéré, il peut compter sur le lamido Mohamadou Hayatou. Dans le Nord, le soutien d'Aboubakary Abdoulaye, président du Sénat, lui est acquis selon Jeune Afrique. Un réseau territorial Nord-Sud qui, s'il se concrétise en poids politique réel, ferait de Motaze l'un des candidats les plus diversifiés géographiquement.

La révélation la plus stratégiquement significative de Jeune Afrique concerne les fragilités de son principal concurrent. Le fils du président «souffrirait d'un déficit d'ancrage et d'image» dans la région du Sud — pourtant fief présidentiel par excellence. «Il est éloigné du terrain, n'y compte aucune réalisation visible, et inspire une certaine froideur à une partie de la jeunesse locale», confie une source proche de la présidence au journal. Et «des élites régionales ont, selon nos informations, fait remonter au sommet de l'État des avis défavorables à l'idée d'une promotion de Franck Biya».

Motaze connaît ces rapports. Sa présence à Sangmelima, sa proximité avec Mvondo Assam et Cathy Meba — c'est une réponse silencieuse à cette vulnérabilité de Franck Biya. Il occupe le terrain que le fils du président ne sait pas occuper. Et dans la politique camerounaise, occuper un terrain avant votre adversaire vaut souvent plus que n'importe quel titre officiel.

Source: www.camerounweb.com