EXCLUSIF /Coup d'Etat échoué : La CRTV refuse, Mvondo Ayolo est alerté, le porteur arrêté

PAUL BIYA MARCHE Image illustrative

Thu, 25 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

L'affaire est d'une gravité institutionnelle sans précédent. Pendant que Paul Biya séjourne à Genève pour des soins depuis le 7 juin, quelqu'un au Cameroun a tenté de précipiter l'histoire. Selon les révélations exclusives de Jeune Afrique publiées ce 24 juin 2026, le 12 juin, un individu a fait parvenir à la CRTV — la radiotélévision nationale — un décret prétendument signé de Paul Biya portant nomination d'un Vice-Président et annonçant un remaniement gouvernemental. Un faux. Détecté. Et suivi d'une arrestation.

Jeune Afrique reconstitue avec précision la chaîne qui a permis de détecter et neutraliser cette tentative. «Le document ne remplissant pas les critères du protocole de la CRTV», le directeur Charles Ndongo — déjà connu pour avoir reçu des consignes d'interdiction de plans serrés sur le Chef de l'État lors du défilé du 20 mai — «a sollicité le directeur du cabinet civil, duquel il est proche». Samuel Mvondo Ayolo, à Genève avec Paul Biya, est donc informé depuis la Suisse qu'un faux décret présidentiel circule au Cameroun. Il dément l'authenticité du document. Et «sous son impulsion, une procédure judiciaire est depuis en cours, qui a mené à l'arrestation du porteur de la missive par la gendarmerie camerounaise».

Qui est ce porteur ? Qui l'a mandaté ? Jeune Afrique révèle que «les investigations se poursuivent pour découvrir les motivations de celui-ci et ses éventuels commanditaires». Des commanditaires dont l'identité — non encore établie officiellement — est l'enjeu central de cette affaire. Car un faux décret de nomination du Vice-Président ne se fabrique pas n'importe comment, ni par n'importe qui. Il faut connaître le format des décrets présidentiels, avoir accès ou simuler le protocole de la présidence, et disposer d'un réseau suffisant pour tenter de faire valider ce document auprès de la chaîne nationale.

La révélation la plus troublante de Jeune Afrique est celle qui relie ce faux décret à des alertes préalables. «Cette affaire n'est pas sans rappeler certaines alertes émises voici quelques semaines par des conseillers sécuritaires de la présidence», note le journal. Selon plusieurs sources, «ces alliés américains avaient recommandé à Paul Biya de reporter un déplacement à l'étranger, estimant que son absence du Cameroun pourrait être exploitée par des groupes souhaitant imposer leur version du remaniement gouvernemental et leur favori à la vice-présidence». Les Américains avaient prévu exactement ce qui s'est passé — quelqu'un a tenté d'exploiter l'absence du Président pour imposer une nomination par le fait accompli médiatique.

Si la CRTV avait diffusé ce faux décret, si Charles Ndongo n'avait pas vérifié l'authenticité du document, si Mvondo Ayolo n'avait pas été immédiatement alerté — le Cameroun aurait appris le nom de son Vice-Président depuis les ondes d'une télévision nationale qui diffusait un faux. Les conséquences politiques auraient été incalculables.

Source: www.camerounweb.com