À 42 kilomètres de Genève se tenait, du 15 au 17 juin, le Sommet du G7 organisé par la diplomatie française à Évian. Un hasard de géographie qui n'en est pas un pour Franck Biya — dont Jeune Afrique révèle en exclusivité qu'il a «souhaité profiter de sa présence en France, où se tenait le sommet du G7, pour avancer ses pions» dans la course à la Vice-Présidence. Un homme pressenti pour devenir le numéro deux du Cameroun — qui se retrouve dans la ville voisine d'un sommet des puissances mondiales, pendant que son père est hospitalisé à Genève. La coïncidence géographique était trop belle pour ne pas être exploitée.
Jeune Afrique reconstitue le circuit de Franck Biya dans ces jours cruciaux. Parti de Monaco où il était «pour affaires» selon la précédente révélation du journal, il se rend en France — profitant de la présence du G7 à Évian pour des contacts dont la nature exacte n'est pas précisée — avant de rejoindre son père à Genève. Trois destinations en quelques jours : Monaco pour les affaires, la France pour la diplomatie d'influence, la Suisse pour la famille et les décisions politiques.
Ce circuit dit la stratégie d'un homme qui prépare une transition. Le G7 d'Évian rassemble les représentants des puissances qui — comme Jeune Afrique l'a documenté — s'intéressent de très près à la succession au Cameroun. Les États-Unis, dont les conseillers ont pris le contrôle du dispositif sécuritaire de Paul Biya. La France, dont le soutien diplomatique et économique reste structurant pour Yaoundé. Être visible dans la géographie d'un tel événement — même sans y participer officiellement — c'est envoyer un signal aux chancelleries qui le voient circuler.
La délégation genevoise : Chantal, Cathy Meba et Franck — la famille au complet
Jeune Afrique révèle la composition complète de la délégation camerounaise à Genève — et elle est politiquement significative. Autour de Paul Biya : «la première dame Chantal Biya, mais aussi Cathy Meba, la nièce du président camerounais» — et désormais Franck Biya. Les deux héritiers présumés — Franck d'un côté, Franck Hertz (fils de Chantal) de l'autre — ne sont pas tous les deux présents. Mais la dynamique de la délégation dit qui a physiquement accès au Président hospitalisé. Chantal est là. Mvondo Ayolo est là. Et Franck Biya a rejoint le groupe après son circuit diplomatique.
Dans le contexte de la guerre de succession documentée par Jeune Afrique — où «la dossier de la vice-présidence a accentué les luttes d'influence entre Franck et Chantal Biya» —, la composition de cette délégation genevoise dit qui est en position de peser sur les décisions du Président convalescent.