Ils annoncent ainsi leur intention de créer un nouveau collectif
Selon les révélations du lanceur d'alerte Boris Bertolt, les instructions présidentielles sur le recrutement des auditeurs libres des ENS/ENSET n’auraient été appliquées que partiellement. Les diplômés concernés dénoncent l’absence de la concertation promise pour examiner la situation des autres promotions formées depuis trois ans. Plusieurs anciens étudiants envisagent de créer un nouveau collectif pour défendre leurs intérêts
Recrutement des auditeurs libre des ENS/ENSET: les instructions présidentielles appliquées à moitié. Les diplômes interpellent le gouvernement
Le dossier des auditeurs libres issus des écoles normales supérieures (ENS) et des écoles normales supérieures d’enseignement technique (ENSET) continue de susciter des tensions. Alors qu’un collectif de diplômés multiplie les démarches pour obtenir leur intégration dans la fonction publique, une autre voix s’élève aujourd’hui pour dénoncer ce qu’elle considère comme une application incomplète des très hautes instructions du président de la république.
Au cœur de la controverse figure une correspondance datée du 31 décembre 2025, signée par le ministre d’état, secrétaire général de la présidence de la république, Ferdinand Ngoh Ngoh, et adressée au secrétaire général des services du premier ministre. Ce document, qui fait suite aux très hautes instructions du chef de l’état, définit une feuille de route en cinq points destinée à relancer les concours des ENS/ENSET et à apporter des réponses à la situation des diplômés.
2 500 futurs enseignants et 1 000 auditeurs libres concernés dans cette correspondance, le président de la république instruit notamment :
-l’ouverture de concours permettant l’admission de 2 500 élèves-professeurs dans les ENS et ENSET au titre de l’année académique 2025-2026 ;
-le recrutement par voie de concours de 1 000 auditeurs libres issus des ENS/ENSET dans la fonction publique ;
-l’organisation de concours directs pour le recrutement des lauréats des ENS/ENSET ;
-la mise en place d’un mécanisme de concertation annuelle afin d’adapter les effectifs en formation aux besoins réels de l’état.
Mais c’est surtout le cinquième point de cette directive qui concentre aujourd’hui les revendications.
Les diplômés concernés rappellent que le chef de l’État avait également demandé « l’organisation, par le gouvernement, d’une concertation relative à la situation des candidats-libres formés dans les ENS/ENSET depuis trois ans, en associant toutes les parties concernées ».
Selon les auteurs de cette nouvelle interpellation, cette mesure n’aurait jamais été mise en œuvre.
Ils reconnaissent que le volet relatif au recrutement de 1 000 auditeurs libres a connu un début d’application avec la publication, le 4 juin dernier, d’un arrêté du ministère de la fonction publique et de la réforme administrative (MINFOPRA) organisant le concours correspondant.
En revanche, ils estiment que la concertation promise aux autres promotions d’auditeurs libres reste lettre morte.
Des promotions entières dans l’incertitude
Pour ces diplômés, la situation est devenue particulièrement préoccupante. Ils affirment que plusieurs promotions d’auditeurs libres formés au sein des ENS et ENSET depuis trois ans demeurent sans perspectives claires d’insertion professionnelle, malgré les sacrifices consentis au cours de leur formation.
Ces anciens étudiants disent vivre aujourd’hui dans « la détresse, l’incompréhension et l’incertitude », faute de visibilité sur les mesures que le gouvernement entend prendre à leur égard.
Des divergences au sein des représentants des auditeurs libres
L’affaire révèle également des divergences entre les différents groupes de diplômés. Les auteurs de cette nouvelle sortie reprochent au collectif ayant récemment adressé une lettre au président paul biya d’avoir concentré ses revendications sur le recrutement en cours, tout en passant sous silence la question de la concertation prévue dans la directive présidentielle.
Selon eux, cette omission ne permet pas de défendre les intérêts de l’ensemble des promotions concernées. Ils annoncent ainsi leur intention de créer un nouveau collectif, chargé de représenter spécifiquement les promotions visées par le cinquième point des très hautes instructions présidentielles et d’engager un dialogue avec le MINFOPRA afin de comprendre les raisons de la non-application de cette disposition.
Un dossier toujours sensible
Le recrutement des diplômés des ENS et ENSET constitue depuis plusieurs années l’un des dossiers les plus sensibles du secteur éducatif camerounais.
Chaque année, de nombreux auditeurs libres terminent leur formation sans bénéficier automatiquement d’un recrutement dans la fonction publique, alimentant des revendications récurrentes sur l’adéquation entre les capacités de formation des écoles normales et les besoins de l’administration.