Invité de l'émission Obama Time sur A1, le politologue Mathias Eric Owona Nguini est revenu sur ses relations tendues avec Samuel Eto'o. Sans remettre en cause le parcours sportif du président de la FECAFOOT, il a estimé que la célébrité ne saurait justifier un manque de respect envers les institutions et les enseignants.
Interrogé sur son différend avec Samuel Eto'o, Mathias Eric Owona Nguini a défendu sa position en insistant sur la nécessité de préserver le respect dû aux institutions et à ceux qui les incarnent. Pour l'universitaire, le prestige acquis sur les terrains de football ne confère aucun privilège permettant de dénigrer des enseignants ou des formateurs.
« Le football, c'est même quoi ? Donc parce que vous êtes champion, vous allez vous mettre à insulter des formateurs, vous trouvez que c'est normal, ça ? Moi-même, qui suis professeur d'université, je ne peux pas insulter un maître ou un enseignant. Il faut que les gens apprennent à respecter les institutions et ceux qui les incarnent », a déclaré le politologue au cours de l'émission diffusée ce vendredi 26 juin 2026.
Poursuivant son intervention, Owona Nguini a dénoncé ce qu'il considère comme une dérive dans le débat public. « Parce qu'on est champion, on peut se permettre d'insulter tout le monde ? Cela ne passe pas. (…) Parce qu'on est champion, on peut dire : "Un professeur, c'est qui ?" Non, monsieur. Le savoir se respecte ! », a-t-il affirmé.
Le politologue, qui a également dénoncé un « lynchage systématique » après ses propos sur l'élimination des Lions Indomptables, semble viser directement le président de la FECAFOOT, dont les relations avec les intellectuels et les journalistes critiques sont notoirement tendues.
Un contexte de vives tensions
Ces déclarations interviennent dans un contexte de vives tensions autour de la gestion de la FECAFOOT et des critiques récurrentes visant Samuel Eto'o. La non-qualification du Cameroun pour la Coupe du Monde 2026, attribuée par certains à une désorganisation de la tanière, a ravivé les polémiques sur la gouvernance du football camerounais.
Owona Nguini, qui avait appelé à une lecture nuancée de la situation, s'est attiré les foudres des pro-Eto'o. Ses détracteurs lui reprochent d'avoir « partagé les responsabilités » entre le ministère des Sports, la Fécafoot, les joueurs et le public, une position jugée trop modérée par les uns et trop critique par les autres.
Au-delà du différend personnel, Owona Nguini défend une position de principe : le respect des institutions et des savoirs doit primer sur les considérations sportives. « Parce qu'on est champion, on peut dire : "Un professeur, c'est qui ?" Non, monsieur. Le savoir se respecte ! », a-t-il martelé, dans une déclaration qui résonne comme un avertissement à ceux qui confondraient notoriété et impunité.