Invité de l'émission Canal Presse sur Canal 2, l'ancien ministre Fridolin Nké a porté des accusations graves contre Me Claude Assira, avocat de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) dans le procès de l'assassinat de Martinez Zogo. Selon lui, l'avocat ferait tout pour faire condamner son propre client, une posture qu'il juge incompréhensible.
« J'admire le doigté avec lequel le maître [Claude Assira] est en train d'éviter de tomber dans des difficultés, dans des contradictions. Parce que je me dis normalement qu'un avocat, son rôle c'est défendre ses clients, défendre son institution. De prime abord, je remarque que dans ce procès, la partie civile et la partie civilement responsable, c'est-à-dire Me Claude Assira, sont en complicité », a déclaré Fridolin Nké.
Selon l'ancien ministre, cette complicité entre l'avocat de la DGRE et la partie civile serait le signe que personne ne veut vraiment la vérité dans cette affaire. « L'élément principal qui devait nous guider pour comprendre que personne ne veut la vérité dans cette affaire, c'est que les gens sont dans les positionnements. Des gens sont avocats de la DGRE mais ils font tout pour qu'on condamne la DGRE. Vous avez déjà vu ça quelque part ? C'est-à-dire que l'avocat fait tout pour qu'on condamne son client. C'est un fait et personne ne peut le nier. »
Pour Nké, le procès serait orienté vers la condamnation de Jean Pierre Amougou Belinga et de Maxime Eko Eko, alors même que les preuves manqueraient. « Les gens sont occupés, orientés à faire condamner Amougou Belinga et Eko Eko alors qu'ils savent pertinemment et le tribunal n'a aucun élément », a-t-il affirmé.
Fridolin Nké a également révélé avoir subi des pressions pour avoir enquêté sur cette affaire. « Je fais partie des gens qui ont fait des enquêtes sur cette affaire-là. Et ça m'a valu de subir deux tentatives d'assassinat. J'ai dû négocier avec eux que je ne parle plus de ça », a-t-il confié, sans donner plus de détails.
Ces accusations, d'une rare gravité, interviennent alors que le procès de l'assassinat de Martinez Zogo se poursuit devant le tribunal militaire de Yaoundé. Elles risquent de raviver les tensions autour d'un dossier déjà marqué par les polémiques et les zones d'ombre.