Invité de l'émission Libre Expression sur Info Tv, le président du mouvement La Jouvence, Valère Bessala, a livré une analyse sans concession de l'affaire du faux décret présidentiel. Selon lui, il ne s'agit pas d'un faux document, mais d'un « vrai décret » sur lequel le nom du jeune porteur a été ajouté après coup pour discréditer toute l'affaire.
Valère Bessala est formel : « Ce n'est pas un faux décret, mais un vrai décret, ça se voit que le nom du jeune homme a été ajouté après pour discréditer tout ça. » Pour l'homme politique, le document intercepté à la CRTV était authentique, mais le nom du bénéficiaire a été remplacé par celui du porteur, Sitchom Johann, pour faire passer cette tentative de coup d'État pour l'acte isolé d'un déséquilibré.
Un indice crucial, selon lui, est l'existence d'un second décret portant formation du gouvernement, que le jeune homme détenait également. « Pourquoi n'a-t-on pas divulgué le décret portant formation du gouvernement ? » s'interroge-t-il.
Pour Valère Bessala, l'absence de divulgation du second document est la preuve que l'affaire ne se réduit pas à un canular. Il invite le public à réfléchir sur la cohérence de la version officielle.
« Lorsque vous consultez ce document portant formation du gouvernement, vous vous rendez compte que ce sont les mêmes anciens responsables qui y figurent. Ce sont les mêmes personnes que l'on retrouve déjà dans le système. »
Et de poser la question qui, selon lui, anéantit la thèse du loup solitaire : « Pensez-vous vraiment que ce jeune homme, qui subit chaque jour les pénuries, les délestages, les coupures d'électricité, les routes dégradées et toutes les difficultés du quotidien, puisse s'asseoir dans sa chambre, élaborer un gouvernement et y reconduire les mêmes proches de Paul Biya ? »
L'argument de Bessala est percutant : si Sitchom Johann avait agi seul, par « révélation divine » ou par folie, aurait-il pris soin de recomposer un gouvernement fidèle à l'équipe en place ? Pourquoi un illuminé aurait-il reconduit les mêmes ministres, les mêmes proches du président, dans un gouvernement qu'il aurait lui-même imaginé ?
Cette incohérence logique renforce la thèse selon laquelle le document original était bien un décret officiel, émanant de hautes sphères du pouvoir, et que le nom du véritable bénéficiaire a été effacé pour protéger les commanditaires.
L'intervention de Valère Bessala ajoute une couche de complexité à une affaire déjà marquée par les zones d'ombre. Alors que la justice camerounaise n'a pas encore communiqué sur les résultats de l'enquête, cette analyse repose la question centrale : qui a vraiment commandité ce décret, et pourquoi a-t-il été intercepté avant sa diffusion ?