EXCLUSIF : Jeune Afrique révèle que le faux décret de nomination du Vice-Président portait des cachets authentiques et une signature conforme à celle de Paul Biya

Paul Biya Revient Mort Image illustrative

Wed, 1 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

L'affaire du faux décret présidentiel prend une dimension qui dépasse de loin la simple escroquerie. Jeune Afrique, dans son enquête exclusive publiée ce 30 juin 2026, révèle des détails qui glacent : le document présenté à la CRTV le 12 juin par des individus arrivés «en cortège, accompagnés de responsables militaires en civil» ne ressemblait pas à un vulgaire faux artisanal. Ses cachets officiels étaient authentiques. Et sa signature correspondait à celle du Chef de l'État. Une falsification d'un niveau de sophistication qui a conduit les services de renseignement à qualifier les faits, dans une note transmise à la présidence, de «tentative de coup d'État manqué».

«Les cachets sont authentiques» : la révélation qui change tout

Quand une source proche des investigations confie à Jeune Afrique que «les cachets sont authentiques, et la signature correspond bien à celle du chef de l'État» — cette phrase dit que quelqu'un, quelque part dans l'appareil d'État, a eu accès à des sceaux présidentiels officiels pour fabriquer ce faux. Pas des contrefaçons — des cachets authentiques. Ce qui pose une question fondamentale que les enquêteurs doivent résoudre : comment des sceaux officiels de la présidence de la République du Cameroun se sont-ils retrouvés sur un faux décret ? Ont-ils été volés ? Empruntés ? Reproduits par quelqu'un ayant accès à l'intérieur du palais ? Ou — hypothèse la plus troublante — le document a-t-il été fabriqué depuis l'intérieur même de l'institution présidentielle ?

Un cortège militaire en civil — et une fuite organisée

Les révélations de Jeune Afrique sur le mode opératoire des auteurs du faux décret renforcent l'hypothèse d'une opération planifiée. Une source issue des services de renseignement confie au journal que «les personnes venues déposer le document à la CRTV sont arrivées en cortège, accompagnées d'individus présentés comme des responsables militaires en civil». Un cortège. Des pseudo-militaires. Une mise en scène de légitimité institutionnelle — comme si les porteurs du faux décret voulaient convaincre le personnel de la CRTV que l'annonce était officielle et devait être diffusée immédiatement. «Lorsqu'ils ont compris que la manœuvre avait échoué, ils se sont évaporés dans la nature», révèle le même informateur. Mais pas tous : selon Jeune Afrique, «l'homme ayant déposé le faux décret est actuellement détenu au Secrétariat d'État à la Défense (SED), où il fait l'objet d'interrogatoires».

«Coup d'État manqué» : la note de renseignement qui qualifie les faits

Jeune Afrique révèle l'existence d'une note de renseignement transmise à la présidence de la République qualifiant les faits de «tentative de coup d'État manqué». Une qualification d'une gravité politique extrême. Un coup d'État par faux décret — tenter de faire diffuser par la radio-télévision nationale une nomination fictive du Vice-Président, créant un fait accompli médiatique pendant l'absence du Chef de l'État hospitalisé à Genève. Si la CRTV avait diffusé ce faux décret sans vérification, des millions de Camerounais auraient appris le nom du nouveau Vice-Président depuis leur poste de télévision — un nom que Paul Biya n'avait pas choisi.

L'enquête a été confiée par Paul Biya à la Direction de la Sécurité Présidentielle, et est suivie à Yaoundé par Ferdinand Ngoh Ngoh. Elle prévoit «une expertise technique du faux décret et un relevé d'empreintes». Et Jeune Afrique révèle qu'«un projet similaire a déjà été déjoué ces derniers mois, avant un déplacement envisagé du Chef de l'État, grâce à l'intervention de Samuel Mvondo Ayolo». Deux tentatives. La même méthode. Les mêmes commanditaires présumés — encore non identifiés publiquement.

Source: www.camerounweb.com