Faux décret et Coup d’Etat : le gouvernement enterre la thèse du complot, l'affaire rebondit

Paul Biya Mvondo Ayolo Defile Image illustrative

Wed, 1 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

En publiant un communiqué officiel sur l'affaire du faux décret, le gouvernement tente de clore définitivement la polémique en présentant l'auteur de la tentative comme un individu isolé. Mais les zones d'ombre persistent, et les soupçons d'une manipulation orchestrée depuis les hautes sphères du pouvoir continuent d'alimenter les débats.

Après plusieurs semaines de rumeurs et de théories du complot, le gouvernement a finalement brisé le silence. Le communiqué publié le 30 juin 2026 confirme l'interpellation d'un individu qui s'est présenté à la CRTV avec un faux décret de nomination d'un Vice-Président.

Mais loin d'apaiser les débats, ce communiqué, qui présente l'affaire comme le fait d'un individu isolé, risque d'alimenter davantage les interrogations. Car depuis plusieurs semaines, des sources proches du dossier affirment que le document original portait le nom d'Oswald Baboke, le protégé de la Première Dame Chantal Biya, avant d'être modifié pour y inscrire le nom du porteur, Sitchom Johann.

« Un décret qui n'a jamais été signé par qui de droit »

Le gouvernement affirme que le document « n'a jamais été signé par qui de droit » et que l'individu « ne figure nulle part dans les effectifs de la Présidence de la République ». Une version officielle qui contredit les analyses graphiques et les témoignages de plusieurs observateurs ayant examiné les documents en circulation.

Les zones d'ombre persistent

Le communiqué gouvernemental ne répond pas à plusieurs questions essentielles :

• Comment un individu isolé a-t-il pu se procurer des sceaux officiels de la Présidence et une signature imitant celle du chef de l'État ?

• Pourquoi le nom d'Oswald Baboke a-t-il circulé comme étant le véritable bénéficiaire du document avant d'être remplacé par celui de Sitchom Johann ?

• Existe-t-il un second décret portant formation du gouvernement, comme l'affirment plusieurs sources ?

Pour certains observateurs, ce communiqué est une tentative maladroite de mettre un terme à une affaire qui menace d'embarrasser le pouvoir. En présentant l'auteur comme un illuminé agissant seul, le gouvernement espère peut-être dissiper les interrogations sur une éventuelle implication de hauts responsables.

Mais l'affaire du faux décret, avec ses multiples rebondissements et ses zones d'ombre, pourrait bien continuer à alimenter les débats dans les semaines à venir. L'enquête en cours, promise par le gouvernement, devra être particulièrement transparente pour convaincre une opinion publique qui doute de plus en plus des institutions.

Source: www.camerounweb.com