Aristide Mono dénonce le refus d'un don aux prisonniers politiques de Bertoua
Invité de l'émission Droit de Réponse sur Équinoxe TV, l'activiste Aristide Mono a révélé avoir essuyé un refus lorsqu'il a tenté d'acheminer un don destiné aux prisonniers politiques de la crise post-électorale de 2025 à la prison de Bertoua. Selon lui, le régisseur de l'établissement pénitentiaire aurait bloqué son geste de solidarité en l'invitant à passer par le ministre de la Justice.
Un projet humanitaire entravé
« J'avais initié un projet, "Les survivants", pour apporter, à mon petit niveau, un petit soutien aux prisonniers politiques de la crise post-électorale de 2025 », a expliqué Aristide Mono sur le plateau d'Équinoxe TV. L'activiste a précisé que certains régisseurs, notamment ceux de Ngoma et de Foumban, avaient été favorables à cette initiative.
Il a décrit les conditions de détention difficiles de ces prisonniers : « des enfants qui se plaignaient d'être dans le dénuement total, la famine ». Certains avaient même besoin de brosses à dents, et il avait répondu à ces demandes pour la prison de Ngoma.
Le refus du régisseur de Bertoua
Mais pour la prison de Bertoua, la situation a été différente. « J'ai pris la peine, j'ai écrit au régisseur. Le régisseur ayant appris que c'était pour ces prisonniers spécifiques, a refusé d'une manière ou d'une autre mon don en me référant au ministre de la justice », a-t-il déclaré.
Aristide Mono s'est interrogé sur ce refus : « Je me suis demandé, mais tout ce beau monde qui fait régulièrement les dons à la prison de Bertoua passe toujours par le ministre de la justice ? » Une question qui, selon lui, révèle une discrimination politique dans l'accès à l'aide humanitaire.
Des « enjeux d'ordre politique »
Pour l'activiste, ce refus montre que lorsque l'on atteint certains niveaux, « les gens abandonnent leur propre humanisme ». Il a dénoncé le comportement du régisseur de la prison de Bertoua, qui aurait privilégié « des enjeux d'ordre politique » plutôt que le sort des détenus.
« Pourtant nous avons des enfants qui souffrent dans ces prisons », a-t-il rappelé, appelant à la solidarité avec les prisonniers politiques.
Des détentions qui suscitent l'inquiétude
Les prisonniers politiques de la crise post-électorale de 2025 sont régulièrement dénoncés par les organisations de défense des droits humains. Plusieurs associations ont alerté sur les conditions de détention dans les prisons camerounaises, notamment le manque de soins, la promiscuité et la malnutrition.
L'arrestation et la détention de ces prisonniers politiques, dans un contexte marqué par des tensions post-électorales, continuent de susciter l'inquiétude de la société civile et des défenseurs des droits humains.