Jeune Afrique révèle : derrière la guerre Eto'o/Owona Nguini, une bataille familiale sur la succession de Joseph Owona

 Eto'o Owona Nguini Image illustrative

Mon, 6 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

Il s'appelle conflit footballistique. Mais il ne l'est pas. Ou du moins, il ne l'est plus. Quand Samuel Eto'o et le vice-recteur de l'Université de Yaoundé I, Mathias Éric Owona Nguini, s'affrontent depuis des semaines dans les médias camerounais sur les causes de la non-qualification des Lions Indomptables au Mondial 2026, les Camerounais pensent assister à un débat sportif. Jeune Afrique, dans son enquête exclusive publiée ce 1er juillet 2026, révèle la vérité : ce conflit est d'abord une guerre familiale — dont le foot n'est que le prétexte — et dont l'enjeu réel est la succession de feu Joseph Owona, ancien Secrétaire Général de la Présidence de la République et père des deux protagonistes de cet affrontement par procuration.

La révélation centrale de Jeune Afrique est d'une précision familiale qui dit l'intensité du conflit. D'un côté, Mathias Éric Owona Nguini — fils de Joseph Owona, politologue pro-Biya devenu ennemi déclaré d'Eto'o. De l'autre, sa sœur Félicité Owona Mfegue Kourra — universitaire, avocate et autrice camerounaise — qui, elle, est «une proche de l'ancienne star de football». Et le journal révèle deux événements récents qui disent l'ampleur de cette alliance fraternelle brisée : le 24 juin, la fondation de Félicité «a reçu en grande pompe Samuel Eto'o à l'occasion de la célébration de la Journée internationale des veuves». Et deux mois plus tôt, «elle était l'une des invités d'honneur d'Eto'o à l'inauguration du siège de la Fecafoot».

La sœur d'Owona Nguini honore Eto'o. Le frère attaque Eto'o. Deux enfants du même père — mort en 2024 — qui ont choisi des camps opposés dans une guerre que leur père avait lui-même initiée. Joseph Owona avait pourfendu Eto'o dans la seconde moitié des années 2010 quand il dirigeait le comité de normalisation de la Fecafoot — c'est «sous son magistère que Samuel Eto'o avait annoncé sa retraite internationale, après avoir eu vent d'un projet qui visait à l'exclure à vie de l'équipe nationale». La fille répare la blessure que le père avait infligée. Le fils perpétue la guerre du père.

Jeune Afrique révèle le fond du problème avec une précision qui dit ses sources. «Mathias Éric Owona Nguini et Félicité Owona Mfegue Kourra se sont opposés après le décès de leur père au sujet de la succession familiale». Un héritage en dispute entre frère et sœur — une situation hélas banale. Mais avec une dimension supplémentaire que le politologue a rendue publique : «Le premier a accusé le président de la Fecafoot de s'immiscer dans les affaires familiales.»

Eto'o — allié de la sœur — serait devenu, aux yeux du frère, un acteur dans la querelle successorale familiale. Un homme de football qui s'invite dans un héritage Owona. Et Owona Nguini qui riposte sur le terrain qu'il maîtrise le mieux — les plateaux de télévision — en attaquant Eto'o sur la non-qualification des Lions. Chaque attaque footballistique du politologue est aussi une attaque sur l'homme qui protège sa sœur dans leur dispute fraternelle. «Le conflit entre les deux hommes n'a plus grand-chose à voir avec le football ou avec les déboires des Lions indomptables», conclut sobrement Jeune Afrique.

Jeune Afrique rappelle qui était Joseph Owona — et pourquoi sa mort en 2024 a déclenché ces tensions. L'homme avait été l'un des architectes idéologiques du système Biya, Secrétaire Général de la Présidence, penseur du régime. Sa mort a «continué de diviser les Camerounais» selon le titre d'un précédent article du journal — parce qu'un homme d'une telle stature laisse derrière lui des loyautés, des inimitiés, et des héritages — matériels et symboliques — que ses proches se disputent. La dispute Owona/Eto'o n'est que l'une des manifestations de cet après-mort.

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