URGENT : Le coup d'État au Cameroun risque de venir de l'intérieur

Biya Honneurs Militaires Image illustrative

Mon, 6 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

Invité de l'émission Canal Presse sur Canal 2, l'analyste politique Stéphane Menouga a livré une analyse sans concession de la situation politique camerounaise. Selon lui, l'opposition affaiblie et les luttes internes au sein du régime pour la succession de Paul Biya créent un terrain propice à un « coup d'État de l'intérieur ». Une métaphore saisissante illustre sa thèse : « Dans un village, les sorciers ont fini de manger les enfants. Ils sont obligés de se manger entre eux. »

Pour Stéphane Menouga, l'opposition camerounaise est en lambeaux. « Le MRC a ses problèmes aujourd'hui. Le PCRN semble être plus en collaboration avec le RDPC. L'UPC a ses problèmes. Bref, ils ont réussi à phagociter l'opposition », a-t-il déclaré.

Cette fragmentation de l'opposition, selon lui, a permis au régime de verrouiller le jeu politique. La bataille pour le pouvoir ne se joue plus entre le régime et l'opposition, mais à l'intérieur même du système. « Aujourd'hui, la bataille est intrasystème », a-t-il résumé.

L'analyste a utilisé une métaphore frappante pour décrire la situation : « Dans un village, les sorciers ont fini de manger les enfants. Ils ont même chassé tout le monde du village parce qu'ils sont trop forts. Et il n'y a plus personne. À la fin, ils sont obligés de se manger entre eux. »

Cette image illustre la logique destructrice des luttes de succession qui opposent les clans du pouvoir, alors que l'opposition, affaiblie et divisée, n'est plus en mesure de jouer un rôle de contrepoids.

Des batailles de succession

Menouga a lié cette dynamique aux récents événements politiques, notamment l'affaire des faux décrets. « D'où les faux décrets, les problèmes d'or et tout ce que nous observons en réalité. Ce sont des batailles de succession où deux clans s'affrontent », a-t-il expliqué.

Il a souligné que les clans au pouvoir ne se sont pas entendus sur qui doit remplacer le président Paul Biya, créant un vide susceptible d'être comblé par un acteur inattendu.

Menouga a introduit une dimension supplémentaire à son analyse : « Mais sauf qu'ils oublient que, dans cette bataille, il y a un troisième larron. Parce qu'ils vont batailler, ils vont perdre des plumes. Et le troisième larron, justement, qui n'était même pas prévu dans cette bataille, risque d'être celui, justement, qui va remplacer le président de la République. »

Cette mise en garde suggère que les luttes intestines pour la succession pourraient créer un vide de pouvoir que des forces extérieures ou inattendues pourraient exploiter, avec des conséquences potentiellement graves pour la stabilité du pays.

Les déclarations de Stéphane Menouga interviennent dans un contexte marqué par de fortes tensions autour de la succession de Paul Biya, âgé de 93 ans et actuellement en séjour en Suisse pour des raisons de santé. L'affaire du faux décret de nomination d'un Vice-Président a révélé l'existence de luttes d'influence au sein même du régime, entre le clan de la Première Dame Chantal Biya et le clan du Secrétaire général de la Présidence Ferdinand Ngoh Ngoh.

La suite de la bataille pourrait réserver des surprises. Le « troisième larron » évoqué par Menouga pourrait bien bouleverser les équilibres prévus.

Source: www.camerounweb.com