Coup d'état manqué : Le rapport de la DGRE sur le rôle de « Jeune Afrique »

BABOKE JEUNE AFRIQUE Et si Oswalde Baboke était innocent et avait été piégé ?

Fri, 10 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

Selon le rapport de la DGRE, les nouvelles révélations du magazine Jeune Afrique sur les liens présumés entre la mère de Johann Sitchom et Baboke, sont jugés ambiguës. L'homme politique Valère Bessala estime que Baboke pourrait avoir été piégé, et seule l'enquête en cours permettra d'établir les responsabilités.

Alors que l'affaire des faux décrets nous a fait oublier la promesse d'un nouveau gouvernement, au Cameroun, tout est à l'arrêt. L'attention est désormais tournée vers les accusations portées contre le Directeur adjoint du Cabinet civil dans les dossiers de l'or et des faux décrets.

Selon les rapports de la DGRE transmis au président de la République, il ne s'agirait pas d'un acte isolé, mais d'un « coup d'État institutionnel », révèle Jeune Afrique.

Auditionné ou non sur ces faits, Jeune Afrique vient enfoncer le clou avec de nouvelles révélations. Le journal parisien spécialisé sur l'Afrique révèle que le DCCA était en contact avec la mère de Johann Sitchom et que cette dernière avait été aperçue chez le DCCA la veille du scandale.

Mensonges ou manipulation ?

Jeune Afrique assure avoir eu accès au contenu du dossier en cours, mais s'exprime au conditionnel tout en utilisant des figures de style. Lorsque le journal évoque la présence du nom du Directeur adjoint du Cabinet civil sur le décret de nomination du vice-président, il affirme :

« En lieu et place de Sitchom, le faux décret aurait en réalité mentionné Oswalde Baboke », écrit Jeune Afrique.

Une formulation qui fait réagir un internaute, lequel recadre en ces termes :

> « Le faux décret aurait en réalité mentionné Oswalde Baboke » : il y a une contradiction. Aurait (conditionnel, qui marque le doute ou une information non confirmée) jure avec en réalité (qui, lui, affirme un fait établi). On ne peut pas dire à la fois « peut-être » et « en réalité ».

Pour la famille et les proches du DCCA, l'histoire de la visite de la mère de Sitchom au domicile de Baboke quelques jours avant le scandale relève d'un coup monté.

« Selon sa mère, quelqu'un aurait profité de son présumé état de vulnérabilité. Un homme l'aurait convaincue de télécharger une application permettant d'extraire un décret authentique, d'en conserver la signature et le cachet, puis d'en modifier le contenu. Sitchom se serait exécuté, puis se serait présenté à la CRTV vers 16 h 45, le 12 juin. Il aurait alors demandé à être orienté vers la Direction des actions de souveraineté, affirmant avoir été mandaté par le palais présidentiel. » Jeune Afrique citant le rapport de l'enquête.

Pendant que Jeune Afrique enfonce le clou en laissant croire à l'opinion que Baboke serait à l'origine de ce faux décret , l'ancien administrateur civil, docteur en droit public et homme politique Valère Bessala pense, quant à lui, qu'Oswalde Baboke aurait été piégé. Valère Bessala estime qu'il existerait une liste originale qui devait être lue, laquelle aurait été modifiée afin de dissimuler l'identité du véritable commanditaire. L'homme politique s'interroge également sur le lieu de détention du jeune Sitchom au SED, alors qu'il a été arrêté à la CRTV, qui dispose en son sein d'un poste de police.

L'homme politique pense enfin que le président de la République, en confiant cette enquête à la DSP, disposait déjà de certaines informations clés sur cette affaire.

Et si Oswalde Baboke était innocent et avait été piégé ? L'enquête en cours nous le dira.

Albin Michel Njilo

Source: www.camerounweb.com