Le greffe du Tribunal criminel spécial (TCS) à Yaoundé aurait été au cœur d'un cambriolage dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2026, signale l'Indépendant numéro 1061. Dans la parution de ce journal, on lit que cette intrusion dans une juridiction hautement sécurisée comme le TCS, révélée par plusieurs médias locaux le 3 septembre dernier, ne manque pas de susciter de vives interrogations dans les salons huppés de la capitale politique camerounaise.
Surtout que d’après les premières vagues de publications médiatiques, les auteurs de l'infraction auraient ciblé les coffres du greffe, emportant avec eux des scellés, d'importantes sommes d'argent ainsi que des dossiers d'affaires en cours d'instruction. Les supputations de la presse locale lient ce « casse » à des procédures ultra-sensibles, notamment l'enquête pour trafic d'or visant Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil de la présidence.
C’est un secret de polichinelle, le TCS traite des dossiers particulièrement sensibles en rapport aux détournements de deniers publics. Une intrusion dans son greffe, et plus particulièrement dans le bureau des scellés, soulève fatalement de nombreuses interrogations sur la sécurité des lieux, la protection des preuves et l’intégrité des procédures en cours.
Au moment où nous mettions sous presse, aucun communiqué officiel émanant du ministère de la Justice, du TCS ou des services d'enquête (SED) n'a été rendu public. En l'absence de déclaration officielle, il demeure impossible de confirmer de manière indépendante la nature exacte des éléments soustraits, les motivations réelles des auteurs, la piste d'une complicité interne ou une quelconque corrélation avec telle ou telle affaire.
Alors question : que fait le gouvernement pour informer l'opinion publique ? Une communication officielle permettrait au minimum de clarifier ce qui a réellement été volé, les dossiers concernés, les circonstances de l'intrusion et surtout les mesures prises pour préserver les procédures judiciaires.
Au-delà du cambriolage, c'est la crédibilité même de l'institution judiciaire qui pourrait être questionnée. L'enquête ouverte devra faire la lumière sur les faits et démêler les rumeurs des réalités matérielles. Affaire à suivre.