Au-delà de son coût financier considérable pour les finances publiques camerounaises, le dossier du complexe sportif d'Olembe s'est mué en véritable instrument politique dans la lutte d'influence qui oppose les clans rivaux au sommet de l'État. Une enquête de Jeune Afrique décrit un dossier qualifié de « bombe à retardement » dans le contexte de la succession de Paul Biya.
Une facture qui donne des armes aux adversaires du clan présidentiel
Selon Jeune Afrique, le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi et son protecteur, le secrétaire général de la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh, sont régulièrement pointés du doigt par leurs nombreux adversaires dans le cadre de ce dossier — et ce, précisément dans le contexte d'une guerre des clans exacerbée par la perspective d'une succession présidentielle. L'enquête souligne ainsi que le dossier Olembe fournit à ces adversaires un argumentaire concret et chiffré pour contester la légitimité et la compétence de ce pôle d'influence.
Des montants qui donnent la mesure du scandale potentiel
Jeune Afrique détaille l'ampleur du préjudice financier potentiel : au-delà des 155 milliards de francs CFA déjà dépensés selon le gouvernement pour la construction d'un complexe toujours inachevé, la facture des seuls contentieux juridiques pourrait avoisiner les 100 millions d'euros. Une addition qui, dans un pays où les questions de détournement de fonds publics alimentent régulièrement l'actualité judiciaire, constitue une matière politique explosive pour quiconque souhaiterait affaiblir les responsables associés à ce dossier.
Une stratégie gouvernementale de contestation qui joue la montre
L'enquête rapporte que le gouvernement camerounais a d'ores et déjà annoncé son intention de contester la sentence du Cirdi, tout en engageant une autre procédure devant la chambre d'arbitrage internationale de la Chambre de commerce internationale à Paris. Une stratégie qui vise, selon Jeune Afrique, à éviter ou à réduire le paiement de cette facture — mais qui pourrait également avoir pour effet de repousser dans le temps le moment où les responsabilités politiques devront être clairement établies.
Un dossier qui pourrait resurgir au pire moment
Ce que cette dimension politique, documentée par Jeune Afrique, met en évidence, c'est le potentiel déstabilisateur d'un dossier dont les échéances judiciaires internationales échappent largement au contrôle de Yaoundé. Dans un contexte où la question de la succession de Paul Biya structure désormais l'ensemble des rapports de force au sommet de l'État, une nouvelle condamnation arbitrale ou la révélation d'éléments supplémentaires pourrait, à tout moment, fragiliser durablement l'un des pôles d'influence les plus puissants du régime.