Martinez Zogo : les incohérences dans le dossier qui font craindre une issue difficile à accepter

Zogo La Main A La Bouche Les incohérences d'une enquête

Fri, 18 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

La justice commence déjà par être pointée dans l’affaire Martinez Zogo. Des zones sombres se font voir, des incohérences sont dénotées, des anomalies trouvées, toutes choses qui renforcent la défense du suspect Amougou Belinga. Dans une sortie sur les réseaux sociaux, un observateur avisé se fait le plaisir de mettre la lumière sur ces différentes irrégularités qui sabordent le dossier.

Une enquête qui ne maîtrise pas les objets qu’elle manipule, dit-il, perd son autorité. Une enquête qui ne peut pas démontrer ce qu’elle affirme perd sa légitimité. Et la philosophie africaine nous le rappelle avec force : la justice n’est pas seulement un acte institutionnel, c’est un acte moral.

Lorsque les incohérences deviennent trop nombreuses, lorsque les contradictions s’accumulent, lorsque les impossibilités techniques se multiplient, lorsque les hypothèses ne sont pas démontrées, lorsque les questions restent sans réponse, ce n’est plus seulement la procédure qui vacille : c’est la justice elle-même qui se dérobe.

Pour Kant, cela s’appelle l’absence de démonstration. Pour Arendt, l’effondrement de la crédibilité. Pour Ricœur, la rupture du récit. Pour Eboussi Boulaga, l’imposture. Pour Towa, l’irrationalité. Pour Mveng, l’atteinte à la dignité. Pour Diop, la faillite scientifique. Pour Wiredu, la confusion conceptuelle. Et pour nous, citoyens, cela porte un nom simple : l’injustice.

Les trois questions d’Amougou Belinga ne sont pas des provocations. Ce sont des tests. Des tests de cohérence, de compétence, de vérité. Et le silence du colonel Otoulou n’est pas un oubli : c’est un aveu. Un aveu de fragilité méthodologique. Un aveu de défaillance technique. Un aveu de vétusté intellectuelle. Dans une affaire aussi grave, ce silence n’est pas neutre : il devient un élément du dossier, un symptôme de la crise de rationalité qui traverse cette enquête depuis trois ans.

Comme le disait Montesquieu, « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois ». Et comme le rappelait Voltaire, « le doute est un état mental désagréable, mais la certitude est ridicule ». Ici, le doute n’est pas un caprice : il est une exigence de justice. Pourtant, malgré ces failles, un espoir demeure. Car la justice n’est pas seulement une procédure : c’est une promesse.

Une promesse faite à la société de ne jamais renoncer à la vérité, même lorsque les chemins qui y mènent semblent obscurs. Les Lumières nous l’ont enseigné : Diderot écrivait que « la raison est à l’homme ce que la loi est à la société : un guide et une limite ». Et le droit romain nous a légué une formule qui devrait guider toute enquête : Fiat justitia, ruat caelum — que justice soit faite, même si le ciel doit s’effondrer.

C’est cette exigence que nous devons réclamer, sans relâche, sans peur, sans complaisance. Parce qu’une République ne se juge pas à la force de ses discours, mais à la solidité de ses procédures. Et parce qu’au bout du compte, la vérité finit toujours par s’asseoir. Vincent Sosthène Fouda a parlé.

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