Coup de tonnerre : des détails précis pointent vers la libération d'Amougou Belinga

Jpamougoubelinga Une possible libération du principal suspect

Fri, 18 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Nous avons évoqué les trois grandes questions venues de Jean-Pierre Amougou Belinga au tribunal. Ces interrogations, selon le socio politologue Vincent Sosthène Fouda ne disculpent personne. Tout de même, elles ne condamnent personne.

Le citoyen reconnait cependant que les questions révèlent autre chose : la vétusté d’un logiciel d’enquête, l’absence de mise à jour intellectuelle, la confusion entre les outils du passé et les réalités technologiques du présent.

Il y a quarante ans, il n’y avait pas de téléphones portables. Aujourd’hui, chaque appareil est un monde, une signature, une trace. Ne pas le savoir, c’est mener une enquête avec des lunettes d’un autre siècle. Et lorsque les petites indélicatesses s’accumulent, un téléphone impossible, des numéros non produits, des hypothèses incohérentes, elles ne forment plus des détails : elles deviennent un fleuve d’incompétence.

La philosophie du droit nous l’enseigne. La vérité n’est pas une intuition : c’est une démonstration. Kant nous rappelle qu’elle ne réside pas dans ce que l’on croit, mais dans ce que l’on peut prouver. Hannah Arendt ajoute que l’autorité n’est jamais une affaire de force, mais de crédibilité. Paul Ricœur insiste : la justice n’est juste que si son récit est cohérent. Ces exigences ne sont pas seulement occidentales. Elles traversent aussi la pensée africaine, et nous les juxtaposons ici pour éclairer le sentier obscur dans lequel nous avançons depuis trois ans au tribunal militaire.

Pour Fabien Eboussi Boulaga, la vérité est un combat contre l’imposture. Une enquête qui se contredit cesse d’être un instrument de vérité : elle devient un dispositif de faux semblant. Pour Marcien Towa, la rationalité est la condition première de la justice : confondre les objets, les dates, les identités, attribuer des téléphones impossibles ou des numéros non démontrés, ce n’est pas seulement une erreur, c’est une injustice.

Pour Engelbert Mveng, la dignité humaine repose sur la vérité : manipuler les faits ou ignorer les outils de son temps, c’est porter atteinte à la dignité de l’homme et à celle de la société qui juge. Pour Cheikh Anta Diop, la vérité est une construction scientifique : elle exige la maîtrise des données, des instruments, des preuves. Une enquête qui ignore la chronologie technologique ou la traçabilité numérique trahit cette exigence.

Pour Kwasi Wiredu, la justice est un exercice de clarté conceptuelle : confondre un numéro et un téléphone, une trace et un appareil, une hypothèse et une preuve, c’est sombrer dans la confusion et la confusion est l’ennemie de la justice.


À entendre l’intervention de Fouda, rien n’est encore préjudiciable à l’accusé. Il pourrait même être libéré, comme plusieurs lanceurs d’alerte le craignent depuis quelques jours. On n’en est pas encore là cependant.

Source: www.camerounweb.com