Qui connait la vérité sur cette affaire ?
Depuis quelques jours, une certaine presse fait écho de la gestion des financements de l’État accordés à la Fédération camerounaise de football, en prétextant qu’entre 2022 et 2024, l’agent comptable versait directement l’argent en liquide au président de l’institution. Cette information se situait à des années-lumière de la vérité, estime le journal La République dans sa parution numéro 1237.
Avant la réforme de la loi de finances, l’argent destiné aux Lions indomptables avait un circuit officiel connu et transparent. Le ministère des Finances mettait à la disposition du payeur du ministère des Sports des fonds. Ce dernier confiait la gestion des fonds à l’agent comptable de la Fecafoot qui agissait en fonction des factures et autres besoins avec proforma des prestataires. L’argent n’a jamais été remis directement au président de la Fecafoot.
Par ailleurs, il est utile de rappeler que dans le staff des Lions indomptables du Cameroun, il y a un agent de liaison, un certain Ebolo qui est le trait d’union entre l’agent comptable et la fédération. C’est lui qui soumet les besoins à l’agent comptable et, après approbation, les dépenses sont faites. Il n’est pas envisageable d’imaginer une possibilité de verser l’argent débloqué au président de la Fecafoot.
Aujourd’hui, le processus de déblocage des fonds de l’État pour le football est désormais encadré par des réformes strictes issues de la Loi de finances. La Fédération camerounaise de football (Fecafoot) ne reçoit plus directement les fonds sur ses comptes bancaires pour la gestion des sélections nationales. L’argent transite et reste géré sous la tutelle du ministère sectoriel.
Le mécanisme opérationnel se déroule en trois grandes étapes. Premièrement, l’expression des besoins par la Fecafoot Le processus commence au niveau de la fédération. Le président de la Fecafoot émet formellement les besoins financiers nécessaires à l’organisation des compétitions nationales ou à la participation du Cameroun aux compétitions internationales (budgets des matchs, primes, transport et logistique).
Deuxièmement, le déblocage et la gestion par le ministère des Sports (Minsep). Une fois la demande validée, le ministère des Finances (Minfi) procède au déblocage des enveloppes financières correspondantes. Cependant, en vertu de l’article 171 de la circulaire budgétaire, ces fonds sont mis à la disposition exclusive du ministre chargé des Sports, qui en assure la gestion directe. C’est le Minsep qui ordonnance les paiements des prestataires, du staff technique ou des primes.
Enfin, la justification obligatoire des dépenses. Conformément à l’article 172 de la circulaire ministérielle, un contrôle strict est appliqué après l’événement : le contrôleur financier commis reçoit les comptes d’exploitation. La fédération et le ministère disposent d’un délai de 30 jours maximum après la fin d’une compétition pour présenter l’ensemble des pièces justificatives des dépenses engagées. Ce cadre juridique a été mis en place pour centraliser la gouvernance financière publique et éviter les litiges liés à l’utilisation des subventions de l’État par les fédérations sportives.
Note de la rédaction, plusieurs observateurs, mais surtout détracteurs, estiment que c’est la version de Samuel Eto’o que le journal mentionnée comme source vient à donner. Il n’a pas pu savoir tout cela sans un travail d’enquête et de questionnements. C’est pour ainsi dire, la réponse de Samuel Eto’o (ou de l’institution qu’il préside) pour sa propre défense, face à la multitude de sources qui évoquent l’affaire scandaleuse.