Deux jours de revue réglementaire ont placé Orange Cameroun devant une question simple : les dépenses annoncées améliorent-elles réellement les appels, la data et la couverture ? L’Agence de régulation des télécommunications veut passer des engagements aux preuves.
Les 22 et 23 octobre, l’ART a conduit un exercice de contrôle consacré à Orange Cameroun. Le régulateur indique vouloir mesurer l’écart entre les investissements déclarés et leur impact sur la qualité de service et la qualité d’expérience.
La démarche intervient après une réunion du 2 septembre entre le directeur général de l’ART, Philémon Zoo Zame, et les dirigeants d’Orange Cameroun et de MTN Cameroon autour de la couverture, de l’accessibilité des offres, du coût et des plaintes récurrentes des usagers.
La distinction entre qualité de service et qualité d’expérience est décisive. Un opérateur peut respecter certains indicateurs techniques agrégés tout en laissant des quartiers ou des axes routiers confrontés à des coupures, des débits faibles ou des appels difficiles.
Les moyennes nationales masquent aussi les écarts entre centres urbains, périphéries et zones rurales. Un contrôle crédible doit donc publier la méthode de mesure, les zones testées, les périodes d’observation et les seuils retenus.
L’audit crée une attente de transparence. Si des écarts sont établis, l’ART devra expliquer le calendrier correctif, les sanctions éventuelles et les mécanismes de suivi. Orange Cameroun, de son côté, devra relier ses dépenses à des résultats vérifiables : capacité ajoutée, sites modernisés, disponibilité du réseau et réduction des réclamations. Pour les abonnés, la question n’est pas la taille du plan d’investissement, mais la stabilité d’une connexion devenue indispensable au travail, aux paiements et à l’accès aux services publics.