Révélations - Canal d'or 2026 : Comment Chantal Biya s’est vengée de Charlotte Dipanda

CHARLOTTE DIPANDA CHANTAL BIYA OK Cette décision serait liée aux prises de position critiques de l’artiste à l’égard du régime

Mon, 2 Nov 2026 Source: www.camerounweb.com

La chanteuse camerounaise Charlotte Dipanda a été écartée à la dernière minute de la programmation des Canal d’Or 2026, sur instruction présumée du Cabinet civil de la Présidence. Cette éviction présumée, qui est intervenue après plusieurs jours de préparation, relance le débat sur la liberté d’expression et de création artistique au Cameroun.

Charlotte Dipanda évincée de la scène des Canal d‘Or à la dernière minute sur ordre du Cabinet civil

Coup de théâtre dans l’univers culturel camerounais. Alors que tout était fin prêt pour sa grande prestation lors de la prestigieuse cérémonie des Canal d’Or prévue ce samedi, la célèbre diva Charlotte Dipanda a été brutalement écartée de la programmation à la dernière minute. En cause : une injonction directe attribuée au Cabinet civil de la Présidence de la République.

Selon des sources concordantes et dignes de foi, la décision est intervenue in extremis. Répétitions bouclées, réglages techniques achevés, tenues prêtes et équipes mobilisées : l'icône de la musique camerounaise s'était pliée à toutes les exigences logistiques et artistiques pour offrir un spectacle mémorable au public de cette grand-messe culturelle dédiée à la récompense des talents du continent.

Pourtant, un coup de fil de dernière minute venu de la haute administration a balayé d'un revers de main tous ces préparatifs. Le Cabinet civil a opposé un véto catégorique : interdiction formelle est faite à Charlotte Dipanda de monter sur scène et d'assister à l'événement.

Les vraies raisons d'une mise à l'écart

Si officiellement le mutisme prévaut du côté des organisateurs face à cette décision arbitraire, les langues se délient en coulisses. Ce camouflet artistique cacherait en réalité des motivations éminemment politiques.

D’après nos informations, le pouvoir de Yaoundé n'aurait jamais réellement digéré les prises de position de l'artiste. Connue pour son franc-parler et ses critiques à l'égard du régime en place, Charlotte Dipanda paye aujourd'hui le prix de son indépendance d'esprit face au régime de Yaoundé. À cela s'ajoute sa proximité assumée avec le célèbre artiste et contestataire invétéré Richard Bona, une figure artistique honnie par les cercles décisionnels de la présidence camerounaise.

Ce nouvel épisode vient relancer le débat houleux sur la liberté d'expression et la liberté de création au Cameroun. Voir une artiste de la trempe de Charlotte Dipanda, ambassadrice incontestée de la culture camerounaise à travers le monde, subir une telle censure institutionnelle témoigne de la crispation persistante du pouvoir face aux voix qu'il ne contrôle pas.

Alors que la soirée des Canal d'Or se referme sous le sceau de la polémique, cet incident écorne un peu plus l'image d'un événement culturel majeur désormais perçu comme le théâtre de la censure d'État. Pour l'heure, ni la direction de l'artiste ni le comité d'organisation n'ont émis de communiqué officiel, mais l'onde de choc de cette éviction se fait déjà ressentir dans tout le pays.

Amar Tamesse


Source: www.camerounweb.com