Le dirigeant séparatiste camerounais Ayaba Cho Lucas conteste les accusations annoncées contre lui ce mercredi 4 novembre 2026 par le parquet norvégien. Détenu depuis septembre 2024, il doit être jugé à Oslo à partir du 24 novembre 2026, selon le calendrier rapporté par l'agence norvégienne NTB. Son avocat, Morten Engesbak, rejette les accusations selon lesquelles il aurait participé, depuis la Norvège, à des crimes commis au Cameroun.
C'est une affaire qui met en lumière les liens entre la diaspora camerounaise et le conflit anglophone. Ce mercredi 4 novembre 2026, le parquet norvégien a annoncé des poursuites contre Ayaba Cho Lucas, figure du mouvement séparatiste camerounais, pour complicité de crimes de guerre et actes de terrorisme.
Le procureur Carl Fredrik Fari a confirmé au quotidien norvégien VG ces poursuites. L'accusation de crimes contre l'humanité, précédemment envisagée au cours des investigations, ne figure pas parmi les qualifications finalement retenues. Les autorités judiciaires reprochent à Ayaba Cho Lucas d'avoir dirigé à distance des groupes armés actifs dans le conflit camerounais, en s'appuyant notamment sur l'analyse de ses communications numériques, dont des échanges au sein de groupes WhatsApp.
La défense conteste et replace le dossier dans son contexte
Par la voix de son avocat, Morten Engesbak, Ayaba Cho Lucas rejette ces accusations. La défense replace le dossier dans le contexte de la crise anglophone, présentant son client comme un acteur engagé pour l'autodétermination d'une population confrontée, selon lui, à des décennies de discrimination et de répression.
Une manière de souligner que le conflit dans les régions anglophones du Cameroun ne date pas d'hier et que les motivations des acteurs impliqués doivent être comprises à l'aune de cette histoire.
Arrêté le 24 septembre 2024, Ayaba Cho Lucas est maintenu en détention provisoire depuis plus de deux ans. Selon NTB, les audiences sont programmées du 24 novembre 2026 au 19 mars 2027. Le procureur a toutefois précisé que l'acte d'accusation n'était pas encore entièrement finalisé, ce qui signifie que l'annonce des poursuites ne constitue pas une condamnation : la responsabilité pénale du prévenu reste à établir lors du procès.